lundi 18 octobre 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 5)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Mardi, Sayeb sala7 !

On est Mardi matin, je me réveille pour aller travailler, je cherche mon t-shirt « sayeb sala7 » pour le porter, il est nulle part, il a disparu.

Y’avait que moi et ma mère a la maison, je lui demande ou est mon t-shirt, elle dit quel t-shirt, je me retiens et je lui explique que je parle du t-shirt « sayeb sala7 » que j’ai amené la veille, elle répond qu’elle ne me le donnera pas !

Et la, tout me monte a la tête, j’étais comme un drogué qu’on lui a pris sa came, hystérique, violent, je ne me contrôlais plus, je ne me suis pas rendu compte que cette histoire de « sayeb sala7 » me tenait trop a cœur, je me suis transformé en ado sous la pulsation incontrôlable d’hormones, j’ai cherché le t-shirt partout, et quand j’ai senti que je ne le trouverais pas, j’ai bouleversé la maison, au sens propre, je me vengeais, je cherchais dans les coins les plus improbables en faisant exprès de laisser le plus grand bordel derrière moi, en criant que je suis pas un gosse de 14 ans pourqu’on me dise ce que je dois ou je dois pas faire, mais mon comportement disait que j’étais pire qu’un gosse de 14 ans.

Dans la chambre de mes parents, sous le lit, je l’ai trouvé, je l’ai mis, je suis sorti de chez moi, un regard a l’arrière, avant que je claque la porte plein de rage et de testostérone, mon regard croise celui de ma mère, elle était en larmes, et dans son regard je voyais une amertume, une déception, une douleur, que je suis pas prêt a oublier, je pense que ce regard me suivra pour le restant de mes jours.

Je sais qu’elle m’a pardonné, même si je n’ai jamais osé demander pardon, mais ce que j’ai fait, et surtout ce regard, me torturent, plus que je n’ose avouer.

Je sors de chez moi, avec le maudit t-shirt, 5 minutes après, mon téléphone sonne, c’est mon père, il me fait une énorme scène, me traite de tout les noms, a cause de ce que j’ai fait a ma mère, mais j’avais pas suffisamment de couilles pour affronter, faire face a ce que j’ai fait, j’ai juste raccroché, il n’a pas rappelé.

Le premier à remarquer le t-shirt, était l’épicier, a l’achat de mes deux paquets de cristal habituels. Quelque chose dans son regard, m’a fait comprendre que je risque d’avoir de grosses merdes a cause de ce qui est écrit, et que ca risque d’être compris de 10000 manières, dont 9999 me fouteraient dans la merde.

Une fois sur mon lieu de travail, j’arrive, j’entre, 30 secondes, mon téléphone sonne, c’est le chef de mon chef, il veut me voir TOUT DE SUITE.

Je monte, il me reçoit, il n’est pas souriant, pas du tout, il me pose des questions du style : « es ce que je t’ai jamais fait quelque chose de mal », je réponds que non, il m’explique qu’avec ce t-shirt sur le lieu de travail, il est dans la merde, et que ca ne se fait pas du tout, et que dans la rue, il se joindra au mouvement si il en a envie, mais que ce n’est pas du tout tolérable au sein de l’entreprise.

Il était calme, ferme et a la limite désolé.

Je comprends son point de vue, j’avais une veste, je lui ai dis que je vais la fermer et que le t-shirt ne sera plus visible, il me répond si ca me dirait de prendre 3 jours de congés pour me reposer ! Et j’ai bien compris que ce n’étais pas une proposition, il me dit de partir tout de suite si je veux, et qu’il se chargera de la procédure administrative avec le RH.

En temps normal, je n’aurais pas accepté, et j’aurais crié au scandale, et exigé une demande écrite de sa part, pas juste un mot en privé sans témoins, mais la, il faut dire que ca m’arrangeait, je pourrais me libérer jusqu'à samedi, le 22 mai.

Je sors, je vais dans un petit café au lac, a deux pas de ce qui sera bientôt mon ex lieu de travail, je prends un café, mon t-shirt bien visible.

Le regard des gens dans la rue m’a vraiment fait peur, je me sentais en danger, apparemment ils ont interprété ce qui est écrit sur le t-shirt d’une des 9999 façons qu’il ne fallait pas.

Je ferme ma veste, et j’appelle slim, je n’avais pas de « wejh » pour retourner chez moi me changer, après le bordel matinal, ce n’était plus possible, j’étais trop coupable trop minable.

Je saute dans un taxi, je descends a Nasr, je m’installe dans le café populaire ou on a signé les documents samedi, 30 ou 45 minutes plus tard Slim me rejoint.

Il me dit que « el mawkef »a peut être publié le texte qu’on a envoyé, on fait le tour du quartier, on n’a pas trouve le journal.

Passant dans la rue, un jeune homme nous interpelle, il nous a reconnu, et nous a souhaité bon courage. Putain qu’es ce que ca fait du bien !

On arrive chez slim, je me change, il me donne ce que j’avais le plus besoin : un pc connecté et un cendrier ! je fais par la même connaissance de Kais, Slim Junior, adorable petit garçon, et trop intelligent, oui oui trop, faut surtout pas glisser dans un débat avec lui, il trouvera toujours le mot ou l’expression qui te fera sentir que t’es con.

Bref, je me rappelle pas si on est sorti l’aprèm ou pas, probablement oui, le soir, une excellente bouteille, on a bu, on a parlé, on a regardé un excellent film, et on a fait la vidéo avec le t-shirt.

Le matin, on est parti de bonne heure, pour rencontrer azyz, on s’est vu a centre Emir, y’avait un spectacle, un jeune homme fait un concours de klem zeyed avec le serveur du mois, je pense que le serveur a gagné a « omek » prêt !

Et la azyz commence à nous parler de récupération de bruits de couloirs de je ne sais pas quoi, putain il est fou le nombre de gens qu’il connait, je ne connaissais pas 1/100 des gens dont il cite le nom, le parcours et les antécédents ! Slim s’en foutait, moi, malgré que je n’ai pas compris qui fait quoi, je n’ai pas aimé du tout, azyz a dis qu’il s’en chargera, c’était parfait !

On revient chez slim, et la pour parler de la suite, je vais ouvrir une parenthèse.

J’avais un ami, Zied, on était à la prépa ensemble, et on a fait énormément de bêtises ensembles, on était assez proches, on est allé en Allemagne et a Paris ensemble, puis on s’est perdu de vue.

5 ou 6 ans après, je retrouve sa trace, grâce à Facebook, on se remet en contact, et on se promet bahja comme au bon vieux temps, c’était juste avant la semaine de sayeb sala7.

Ce mardi la, je le trouve connecté, et je lui demandé ou sommes nous pour el bahja, il me dis clairement qu’il ne veux pas me voir, que je suis dans la merde et un con, que j’ai gâché ma vie, et qu’il a trop peur de s’afficher avec moi ! Tan pis ! Il rétorque qu’il y’a quelqu’un, un ami de lui du RCD qui veux mon numéro, es ce qu’il peut le lui donner ! Je réponds que oui ! Il me dit qu’il voudra me voir ! Je lui réponds, j’ai une heure libre, la tout de suite, mais il doit venir a Nasr, sinon ca sera une autre fois, 10 secondes plus tard je reçois un sms : ok pour Nasr dans 10 minutes, devant la mosquée / fusée.

N’ayant rien de prévu, j’y vais. Une Opel Astra grise matricule 129 m’y attend, et dans l’Astra y’avait un couple, on me sourit, on m’invite à monter, je monte, et on va boire un café, que j’insiste que ca soit « bel we9fa » et dans un café pas trop cher, et on reste visibles (cote rue) et non a l’intérieur. Ca ne semble pas les gêner, on a nos cafés et une mascarade commence.

Il s’est avéré que le monsieur, n’est qu’un homme de main, qui est la juste pour protéger la fille, elle fait 1m60 à peine, grosse, 33kg de fond de teint, un décoté et une jupe, qui donnent presque l’envi de vomir.

La fille commence déjà par un discours bien rodé, et pour me mettre a l’aise, elle enchaine par des insultes pour les « trabelseya » et me parle d’ouvrir un orphelinat a Makther (sachant que je suis AYARI, elle essaye le régionalisme), elle a parlé sans que je dise quoi que ce soit, pendant 15 minutes, elle m’a parlé des « injazet » et qu’on peux changer de l’intérieur, et qu’elle est au RCD parce que c’est le seul parti qui lui permet d’avoir une chance que ses rêves d’aider la population pauvre se réalisent.

Putain, ils font du bon café à Nasr ! j’ai beaucoup aimé, et je me suis retourné vers cette demoiselle, et putain ce que je peux être méchant et vulgaire, et ce que je peux être blessant et humiliant, sans entrer dans les détails, je n’étais pas un tendre, et je luis ai transmis le fond de mes penses, de la manière la plus « toilettique » possible, je ne lui même pas laissé le temps de répondre, j’ai laissé un dinar sur la table pour mon express, et je suis parti a pieds.

Il faut dire que je n’avais nulle part ou aller, je peux plus retourner chez moi, pour des raisons que j’ai déjà mentionné, je pouvais pas aller chez slim, je voulais pas être lourd, même si il m’a très bien accueilli, Slim a lancé un message sur twitter je pense, et je me rappelle qu’une tunisienne en Allemagne, m’a contacte, pour me dire, que son oncle avait un petit studio meublé vide, ou je pourrais rester autant que je voulais, je préférais trouver un studio que je paye, j’ai acheté la presse pour les annonces, j’ai trouve el « mawkef » aussi, je l’ai pris et je marchais, sans savoir ou aller.

J’ai tellement marché, que je me trouve au 10 décembres. Je n’avais aucune idée de quoi faire, et je me suis senti si seul, vraiment tres tres tres seul, personne n’a appelé, personne n’a demandé de mes nouvelles, personne a aller voir, personne a appeler pour boire un café, et en ce quart d’heure, je me suis senti faible, vulnérable, triste et seul.

J’ai laissé ma boite FB pleine, mais ca c’est du virtuel, les messages sont pour le personnage, pas pour la personne.

Mon téléphone sonne, c’était mon père, il était calme, et me demande de rentrer a la maison familiale, et que personne ne me dérangera, me dira quoi que ce soit. C’était pas une demande, c’était un ordre, comme il a toujours su en donner, mais il y’avait aussi une tendresse peu habituelle, et que je ne méritais pas, vu ce que j’ai fait a ma mère la veille.

En général entre moi et mon père, même pour un truc banal, j’en fais des histoires, une argumentation, juste pour le faire chier, et qu’il essaye de supporter, mais cette fois, j’ai juste accepté.

L’article de « el mawkef » m’a fait peur, il était clair qu’il y avait une volonté de surenchère, la dernière ligne dis qu’on a informé le ministère, donc notre manifestation est légale, alors qu’il n’en ai rien ! on n’a pas reçu les accuses de réception de la poste, donc on n’a aucune preuve matérielle tangible que nos courriers sont arrives (ma déception en laposte, et en les institutions (el mou2assasset) est si profonde suite a ce détail des accusés de réception, j’y reviendrais normalement). J’ai commence a comprendre ce que azyz disait.

Pas de nouvelles de « tari9 el Jadid », j’ai pense que puisque Sofiene chourabi ne faisait plus partie de l’équipe, c’est lui qui a saboté la publication.

Je rentre chez moi, home sweet home, je mange, je me connecte, il était 15h ou 16h, je m’endors.

Je vais me réveiller tard ce soir, et depuis le lancement de « nhar 3la 3ammar », il y’aura deux discours, un officiel, pour le monde, pour la police qui suit les discussions du groupe, et un discours privé, underground, secret , ce soir un changement majeur aura lieu, et ca sera la dernière ligne droite…