vendredi 29 octobre 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 12)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Réponse aux réponses :

Avant de passer a la suite des événement, , je vais me permettre d’ajouter un petit « annexe » sur l’épisode d’hier, qui a mon gout resté sur un arrière gout d’inachevé.

Donc, chers lecteurs, prenez votre mal en patience, et si cette partie ne vous intéresse pas, sautez directement a la suivante(j’ai séparé exprès) ou je reprends le reste de l’histoire, sans parler de mes propres avis, qui n’engagent que moi, et que vous êtes ici, probablement, non pour ces médiocres avis, mais pour lire une histoire.

Donc, dans cette première partie je vais parler des révolutions et de « el ghoul ».

Goethe dis : « un peuple qui ne connait pas son histoire est condamné à le revivre », et moi je généralise en disant, qu’un peuple qui ne connait pas l’histoire est condamné à refaire les bêtises des autres.

Les gens qui se sont moqués de l’épisode d’hier, en traitant ma manière de voir les choses, de révolution rose, gentille, chocolat, que si il n’ya pas de sang de désordre ca ne vaux pas la peine, je me préserve le droit de leur répondre.

si on voit toutes les révolutions dans l’histoire, en partant de celle de Spartacus, de « sa7eb el 7imar », la révolution française, bolchevique (quoique l’histoire nous enseigne que le hasard y était pour beaucoup..), cubaine, islamique en iran, armee en Afrique noir...

Les révolutions sanguinaires, brutales, juste après l’éphémère extase et jouissance, ils ont donné quoi ? Plus de misère, de dictature, de répression, des nations perdues, lésés, ou les anciens opprimés souhaitaient que leurs anciens répresseurs reviennent ! des prix forts, très forts, et ce n’était même pas le prix de la liberté, mais le prix d’une nouvelle dictature, beaucoup plus répressive pour protéger la révolution, même la plus « focalisée » sur les droits de l’homme, la révolution française, a plongé le pays dans un désordre, dans des massacres, dans des merdes, qu’il a fallu qu’un dictateur s’installe, que même les plus républicains voulaient pour sauver la nation. Donc les révolutions brutales, populaires, violentes, un livre d’histoire, nous enseigne qu’ils sont direct dans le mur, et que la belle théorie ne suffit pas, et qu’ils ne feront , du moins a court et a moyen termes, que remplacer une dictature illégitime, par une autre, beaucoup plus violente mais cette fois légitime, donc avec les mains libres sans scrupules.

Et si on ouvre un livre d’histoire aussi, on verra deux changements que je citerais comme exemple, celle de Ghandi, qui a réussi a libérer son pays avec une chèvre, avec une désobéissance passive, pacifiquement, il n’a tiré sur personne, et il a su chasser le plus brutal colonisateur que le monde a connu, du diamant de son empire, sans tirer une seule balle, et ca a marché ! Une autre révolution, contemporaine celle-ci, celle des oranges en Ukraine, elle était pacifique, non violente, simple, sans armes, sans sang, et elle a réussi.

Un livre d’histoire nous enseigne aussi que nous tunisiens, phéniciens, numidiens, on est pas un peuple guerrier, ni un peuple de « bruts », on est des commerçants, des gens « cool », donc celui qui cherche a faire une révolution avec des tunisiens, cherche a allumer un incendie dans la mer, d’ailleurs un livre d’histoire enseignera aussi a nos fils, que ce qui s’est passé a Rdayef , dans n’importe quel autre pays, aurait mis le feu au poudre et déclenché une désobéissance civile dans tout le pays et un renversement du régime, mais la Tunisie n’est pas n’importe quel autre pays, c’est un peuple passif, pacifiste, « 3ayech » et ca était le cas depuis 2000 ans, donc les illusions de révolution, de sang, les slogans toutes faites, trouvés dans les livres de Marx et de Lénine et importés dans des boites de conserves, ne marcheront pas ici, et même si c’est bien dit, même si le « Che » les a dit, ca ne vaux rien, et le premier pas pour changer en Tunisie – toujours selon mon simple et naïf avis qui n’engage que moi- est d’oublier ces slogans, de commencer a réfléchir en Tunisiens pas en trotskistes ou en Mao, vous pouvez me trouver tous les slogans que l’opposition tunisienne a copié, trouvé qui parlent de la liberté, « lan na5tha3 » , « le salassilou be9ya », « ethbat ye rafi9 », ben ca fait 20 ans ou beaucoup plus que ca circule, pour moi, le jeune tunisien de 30 ans, qui se tourne vers ses pères pour lui demander, et sur le terrain, sur le réel, que m’as-tu laissé papa ? Eh ben des slogans mon fils, de grands slogans qui raisonnent bien! Eh ben merci papa, je m’en torche le cul avec ! « hakom 5tha3tou » « hay salessel b9at »

Donc moi je pense que toutes nos réponses sont dans le livre d’histoire, et ceux qui s’abstinent a attendre la révolution (surtout derrière un pseudo, sans franchir le tout premier pas : la responsabilité, assumer) , ils attendront encore et encore et encore comme ils ont toujours fait, ils fairont encore de jolis slogans, oui ca sera bien ca, de nouveaux slogans.

J’espère que mon point de vue, comme jeune tunisien non représentatif certes, est plus clair à travers ces lignes.

Ah, avant d’oublier, il y’en a qui m’ont parlé de la révolution arabe générale et généralisée, et l’éradication d’Israël, ma réponse est simple « fe9idou chay2i le yo3tih » et le jour ou tu arrivera a unir Sfax et el mahress, Sfax et Kerkennah, Nabeul et dar chaabane, Sousse et Tunis, le jour ou tu arrivera a libérer les étudiants tunisiens des prisons, on reparlera d’unir la Libye et le Koweït et libérer les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.

Maintenant je vais parler de « el ghoul ».

« El ghoul » n’existe pas, mais ca, ce ne sont que les parents qui le savent, l’enfant ne l’a jamais vu, mais y croit, et quand il commence à en douter on fait des bruits, des signes pour lui faire croire qu’il existe et qu’il continu à obéir.

Le jour ou l’URSS est tombé, on ne fêtait pas ca à Washington, selon Kessenger, mais on était inquiets ! Mais on va combattre qui maintenant ! C’était un énorme problème.

« El ghoul » chez nous, s’appelle el « khwenjeya ». Ce « ghoul » légitimisme le système, la répression, vous voulez la démocratie, « w ken yjikom el ghoul » ?

En 1989 il y’a eu une opportunité historique pour la Tunisie pour progresser sur le terrain de la démocratie, et moi jeune tunisien, j’en veux, a ceux qui représentent l’opposition aujourd’hui, qui était la en 1989 et pouvait faire la différence, ils sont d’ailleurs toujours la pour donner des leçons et bayanet, ils ont choisi de « nan7ani ila an tamorra el 3assifa », ont leur a fait peur de « el ghoul » et ca a marché, ben ils sont jusqu'à aujourd’hui « mon7anin », ils ont eu peur de « el ghoul » et ont accepté de tailler une pipe avec la dictature naissante et réelle, de peur d’être sodomisés par un « el ghoul » dont on leur a parlé.

Mais le système en place a besoin de ce « ghoul » pour avoir la légitimité, il le crée, il l’industrialise, si le risque d’intégrisme disparait en Tunisie, avec quoi il va légitimiser toute cette police et toute cette répression ?

Mais il le combat, dur comme fer, oui mais ce n’est que la poudre aux yeux ! quand il réprime sauvagement un jeune de 18 ans, qui sa crise d’adolescence et qui lui passera « jetou b din », il le transforme en quelqu’un qui n’a plus rien a perdre, donc il le pousse vers l’intégrisme, quand un policier maltraite dans la rue une femme de 50 ballets, l’humilie , la pousse, lui enlève son cache misère, « foulara » , il la transforme en intégriste, la maintien de la corruption, de l’abus, la dissolution de la classe moyenne, pousse vers l’intégrisme, et heureusement pour lui, car pour lui, leur existence justifie tout : si on enlève la censure, les intégristes feront ca et ca, si on donne l’accès au places publiques et le droit de manifester, les intégristes feront ca et ca, c’est le même schéma de « arka7 le yjik el ghoul », d’ailleurs – et ce ci est une conviction personnelle avec aucune preuve a présenter- que les moubids Facebook, au moins a 50% sont des policiers, pour faire pousser au sentiment que l’invasion des intégristes et proche, et si le système les combat vraiment , aussi sérieusement depuis 20 ans, comment expliquer qu’ils sont de plus en plus nombreux ? ben soit il ne sait pas combattre, ou parce qu’il ne veux pas combattre, d’ailleurs le cher livre d’histoire nous le dira, c’est le même ancien système que toute dictature utilise pour justifier sa dictature : « les ennemis de la révolution pour Mao, la communisme pour l’occident, « el koffar » en Iran, les alertes a la bombe en France quand Sarkozy est en difficulté, « el 5wenjeya » fi touness « alors que un minimum de justice sociale, de respect du citoyen, d’égalité des chances, de préservation de la classe moyenne, de police moins corrompus, aurait mis fin a l’intégrisme en leur enlevant leur fond de commerce : la frustration et le désespoir.

Donc j’espère qu’a travers ces quelques lignes, avoir répondu a ceux qui se reconnaitront, qui se sont moqués de ma « révolution rose » et qui ont justifié la dictature par « arka7 jek el ghoul », et je termine par une citation de Benjamin Franklin : « Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité, ne mérite ni l'une, ni l'autre, et finira par perdre les deux. «

Les nouveaux et les propositions de sayeb sala7 II :

Juste après Nhar 3le 3ammar, beaucoup de nouveaux membres se sont rejoints au noyau, la plus part ne sont pas restés longtemps, « fisa3 taret naf7a », et un nouveau groupe, privé cette fois a vu le jour, « choklata el bnina », oui il s’appelait comme ca, une invention de Amira.

Il y’a eu plusieurs propositions pour « sayeb sala7 II » avant cette histoire de lettres.

Il y’avait principalement deux propositions, la première est d’écrire (encore) au président de la république.

Une discussion s’amorce, et on était face a deux choix, de un, envoyer une lettre gentille ou on demande gentiment, ce n’était pas possible, vu que ce n’est pas la charité qu’on demande, et on ne vas pas supplier pour nos droits, d’autant plus, dans un pays avec des institutions, même théoriques, ce genre de décisions, n’est pas parmi les taches de l’exécutive, de deux, envoyer une lettre sèche, ferme, qui pourra être interprété par n’importe que juge « indépendant ;) « Comme insultante a l’égard de la présidence (chose que la loi tunisienne interdit et puni) et va repousser du mouvement les jeunes tunisiens.

Donc cette idée était écartée.

Il restait l’autre alternative, le chemin du tribunal, moi, légaliste, j’étais pour ce choix, et même si nos plaintes serait irrecevables, « 3adam sama3 da3wa », le message fort et ferme, dans le respect de la loi sera passé, transmis, l’actions sera facilement médiatisable, et ca sera peut être un autre millimètre, rien qu’un millimètre, mais cette fois dans le bon sens.

Mais cette idée nécessitait une connaissance en droit, des avocats apolitiques (dans le sens explique précédemment a l’épisode 11), beaucoup de temps, et on n’avait pas ces avocats « sous la main », moi j’étais prêt a payer de mon propre argent, la sueur de mon front, au détriment mon confort personnel ces avocats au cas où ils n’étaient pas volontaires, mais ce choix n’a pas fait l’unanimité, et progressait très lentement.

Jusqu'à ce que viens l’idée des lettres aux députés, ce n’était pas une idée d’un membre du groupe, mais de quelqu’un de l’extérieur, qui est dans un parti d’opposition.

Mais ca, ca sera dans le prochain épisode, ou je parlerais, franchement et directement, nom et prénom, des actifs dans l’opposition tunisienne que j’ai rencontré après sayeb sala7, comment ca était et qu’es ce que ca a donné.