vendredi 29 octobre 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 12)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Réponse aux réponses :

Avant de passer a la suite des événement, , je vais me permettre d’ajouter un petit « annexe » sur l’épisode d’hier, qui a mon gout resté sur un arrière gout d’inachevé.

Donc, chers lecteurs, prenez votre mal en patience, et si cette partie ne vous intéresse pas, sautez directement a la suivante(j’ai séparé exprès) ou je reprends le reste de l’histoire, sans parler de mes propres avis, qui n’engagent que moi, et que vous êtes ici, probablement, non pour ces médiocres avis, mais pour lire une histoire.

Donc, dans cette première partie je vais parler des révolutions et de « el ghoul ».

Goethe dis : « un peuple qui ne connait pas son histoire est condamné à le revivre », et moi je généralise en disant, qu’un peuple qui ne connait pas l’histoire est condamné à refaire les bêtises des autres.

Les gens qui se sont moqués de l’épisode d’hier, en traitant ma manière de voir les choses, de révolution rose, gentille, chocolat, que si il n’ya pas de sang de désordre ca ne vaux pas la peine, je me préserve le droit de leur répondre.

si on voit toutes les révolutions dans l’histoire, en partant de celle de Spartacus, de « sa7eb el 7imar », la révolution française, bolchevique (quoique l’histoire nous enseigne que le hasard y était pour beaucoup..), cubaine, islamique en iran, armee en Afrique noir...

Les révolutions sanguinaires, brutales, juste après l’éphémère extase et jouissance, ils ont donné quoi ? Plus de misère, de dictature, de répression, des nations perdues, lésés, ou les anciens opprimés souhaitaient que leurs anciens répresseurs reviennent ! des prix forts, très forts, et ce n’était même pas le prix de la liberté, mais le prix d’une nouvelle dictature, beaucoup plus répressive pour protéger la révolution, même la plus « focalisée » sur les droits de l’homme, la révolution française, a plongé le pays dans un désordre, dans des massacres, dans des merdes, qu’il a fallu qu’un dictateur s’installe, que même les plus républicains voulaient pour sauver la nation. Donc les révolutions brutales, populaires, violentes, un livre d’histoire, nous enseigne qu’ils sont direct dans le mur, et que la belle théorie ne suffit pas, et qu’ils ne feront , du moins a court et a moyen termes, que remplacer une dictature illégitime, par une autre, beaucoup plus violente mais cette fois légitime, donc avec les mains libres sans scrupules.

Et si on ouvre un livre d’histoire aussi, on verra deux changements que je citerais comme exemple, celle de Ghandi, qui a réussi a libérer son pays avec une chèvre, avec une désobéissance passive, pacifiquement, il n’a tiré sur personne, et il a su chasser le plus brutal colonisateur que le monde a connu, du diamant de son empire, sans tirer une seule balle, et ca a marché ! Une autre révolution, contemporaine celle-ci, celle des oranges en Ukraine, elle était pacifique, non violente, simple, sans armes, sans sang, et elle a réussi.

Un livre d’histoire nous enseigne aussi que nous tunisiens, phéniciens, numidiens, on est pas un peuple guerrier, ni un peuple de « bruts », on est des commerçants, des gens « cool », donc celui qui cherche a faire une révolution avec des tunisiens, cherche a allumer un incendie dans la mer, d’ailleurs un livre d’histoire enseignera aussi a nos fils, que ce qui s’est passé a Rdayef , dans n’importe quel autre pays, aurait mis le feu au poudre et déclenché une désobéissance civile dans tout le pays et un renversement du régime, mais la Tunisie n’est pas n’importe quel autre pays, c’est un peuple passif, pacifiste, « 3ayech » et ca était le cas depuis 2000 ans, donc les illusions de révolution, de sang, les slogans toutes faites, trouvés dans les livres de Marx et de Lénine et importés dans des boites de conserves, ne marcheront pas ici, et même si c’est bien dit, même si le « Che » les a dit, ca ne vaux rien, et le premier pas pour changer en Tunisie – toujours selon mon simple et naïf avis qui n’engage que moi- est d’oublier ces slogans, de commencer a réfléchir en Tunisiens pas en trotskistes ou en Mao, vous pouvez me trouver tous les slogans que l’opposition tunisienne a copié, trouvé qui parlent de la liberté, « lan na5tha3 » , « le salassilou be9ya », « ethbat ye rafi9 », ben ca fait 20 ans ou beaucoup plus que ca circule, pour moi, le jeune tunisien de 30 ans, qui se tourne vers ses pères pour lui demander, et sur le terrain, sur le réel, que m’as-tu laissé papa ? Eh ben des slogans mon fils, de grands slogans qui raisonnent bien! Eh ben merci papa, je m’en torche le cul avec ! « hakom 5tha3tou » « hay salessel b9at »

Donc moi je pense que toutes nos réponses sont dans le livre d’histoire, et ceux qui s’abstinent a attendre la révolution (surtout derrière un pseudo, sans franchir le tout premier pas : la responsabilité, assumer) , ils attendront encore et encore et encore comme ils ont toujours fait, ils fairont encore de jolis slogans, oui ca sera bien ca, de nouveaux slogans.

J’espère que mon point de vue, comme jeune tunisien non représentatif certes, est plus clair à travers ces lignes.

Ah, avant d’oublier, il y’en a qui m’ont parlé de la révolution arabe générale et généralisée, et l’éradication d’Israël, ma réponse est simple « fe9idou chay2i le yo3tih » et le jour ou tu arrivera a unir Sfax et el mahress, Sfax et Kerkennah, Nabeul et dar chaabane, Sousse et Tunis, le jour ou tu arrivera a libérer les étudiants tunisiens des prisons, on reparlera d’unir la Libye et le Koweït et libérer les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.

Maintenant je vais parler de « el ghoul ».

« El ghoul » n’existe pas, mais ca, ce ne sont que les parents qui le savent, l’enfant ne l’a jamais vu, mais y croit, et quand il commence à en douter on fait des bruits, des signes pour lui faire croire qu’il existe et qu’il continu à obéir.

Le jour ou l’URSS est tombé, on ne fêtait pas ca à Washington, selon Kessenger, mais on était inquiets ! Mais on va combattre qui maintenant ! C’était un énorme problème.

« El ghoul » chez nous, s’appelle el « khwenjeya ». Ce « ghoul » légitimisme le système, la répression, vous voulez la démocratie, « w ken yjikom el ghoul » ?

En 1989 il y’a eu une opportunité historique pour la Tunisie pour progresser sur le terrain de la démocratie, et moi jeune tunisien, j’en veux, a ceux qui représentent l’opposition aujourd’hui, qui était la en 1989 et pouvait faire la différence, ils sont d’ailleurs toujours la pour donner des leçons et bayanet, ils ont choisi de « nan7ani ila an tamorra el 3assifa », ont leur a fait peur de « el ghoul » et ca a marché, ben ils sont jusqu'à aujourd’hui « mon7anin », ils ont eu peur de « el ghoul » et ont accepté de tailler une pipe avec la dictature naissante et réelle, de peur d’être sodomisés par un « el ghoul » dont on leur a parlé.

Mais le système en place a besoin de ce « ghoul » pour avoir la légitimité, il le crée, il l’industrialise, si le risque d’intégrisme disparait en Tunisie, avec quoi il va légitimiser toute cette police et toute cette répression ?

Mais il le combat, dur comme fer, oui mais ce n’est que la poudre aux yeux ! quand il réprime sauvagement un jeune de 18 ans, qui sa crise d’adolescence et qui lui passera « jetou b din », il le transforme en quelqu’un qui n’a plus rien a perdre, donc il le pousse vers l’intégrisme, quand un policier maltraite dans la rue une femme de 50 ballets, l’humilie , la pousse, lui enlève son cache misère, « foulara » , il la transforme en intégriste, la maintien de la corruption, de l’abus, la dissolution de la classe moyenne, pousse vers l’intégrisme, et heureusement pour lui, car pour lui, leur existence justifie tout : si on enlève la censure, les intégristes feront ca et ca, si on donne l’accès au places publiques et le droit de manifester, les intégristes feront ca et ca, c’est le même schéma de « arka7 le yjik el ghoul », d’ailleurs – et ce ci est une conviction personnelle avec aucune preuve a présenter- que les moubids Facebook, au moins a 50% sont des policiers, pour faire pousser au sentiment que l’invasion des intégristes et proche, et si le système les combat vraiment , aussi sérieusement depuis 20 ans, comment expliquer qu’ils sont de plus en plus nombreux ? ben soit il ne sait pas combattre, ou parce qu’il ne veux pas combattre, d’ailleurs le cher livre d’histoire nous le dira, c’est le même ancien système que toute dictature utilise pour justifier sa dictature : « les ennemis de la révolution pour Mao, la communisme pour l’occident, « el koffar » en Iran, les alertes a la bombe en France quand Sarkozy est en difficulté, « el 5wenjeya » fi touness « alors que un minimum de justice sociale, de respect du citoyen, d’égalité des chances, de préservation de la classe moyenne, de police moins corrompus, aurait mis fin a l’intégrisme en leur enlevant leur fond de commerce : la frustration et le désespoir.

Donc j’espère qu’a travers ces quelques lignes, avoir répondu a ceux qui se reconnaitront, qui se sont moqués de ma « révolution rose » et qui ont justifié la dictature par « arka7 jek el ghoul », et je termine par une citation de Benjamin Franklin : « Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité, ne mérite ni l'une, ni l'autre, et finira par perdre les deux. «

Les nouveaux et les propositions de sayeb sala7 II :

Juste après Nhar 3le 3ammar, beaucoup de nouveaux membres se sont rejoints au noyau, la plus part ne sont pas restés longtemps, « fisa3 taret naf7a », et un nouveau groupe, privé cette fois a vu le jour, « choklata el bnina », oui il s’appelait comme ca, une invention de Amira.

Il y’a eu plusieurs propositions pour « sayeb sala7 II » avant cette histoire de lettres.

Il y’avait principalement deux propositions, la première est d’écrire (encore) au président de la république.

Une discussion s’amorce, et on était face a deux choix, de un, envoyer une lettre gentille ou on demande gentiment, ce n’était pas possible, vu que ce n’est pas la charité qu’on demande, et on ne vas pas supplier pour nos droits, d’autant plus, dans un pays avec des institutions, même théoriques, ce genre de décisions, n’est pas parmi les taches de l’exécutive, de deux, envoyer une lettre sèche, ferme, qui pourra être interprété par n’importe que juge « indépendant ;) « Comme insultante a l’égard de la présidence (chose que la loi tunisienne interdit et puni) et va repousser du mouvement les jeunes tunisiens.

Donc cette idée était écartée.

Il restait l’autre alternative, le chemin du tribunal, moi, légaliste, j’étais pour ce choix, et même si nos plaintes serait irrecevables, « 3adam sama3 da3wa », le message fort et ferme, dans le respect de la loi sera passé, transmis, l’actions sera facilement médiatisable, et ca sera peut être un autre millimètre, rien qu’un millimètre, mais cette fois dans le bon sens.

Mais cette idée nécessitait une connaissance en droit, des avocats apolitiques (dans le sens explique précédemment a l’épisode 11), beaucoup de temps, et on n’avait pas ces avocats « sous la main », moi j’étais prêt a payer de mon propre argent, la sueur de mon front, au détriment mon confort personnel ces avocats au cas où ils n’étaient pas volontaires, mais ce choix n’a pas fait l’unanimité, et progressait très lentement.

Jusqu'à ce que viens l’idée des lettres aux députés, ce n’était pas une idée d’un membre du groupe, mais de quelqu’un de l’extérieur, qui est dans un parti d’opposition.

Mais ca, ca sera dans le prochain épisode, ou je parlerais, franchement et directement, nom et prénom, des actifs dans l’opposition tunisienne que j’ai rencontré après sayeb sala7, comment ca était et qu’es ce que ca a donné.

jeudi 28 octobre 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 11)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

L’avalanche :

Nhar 3la 3ammar s’est terminé, sans dégâts, « flowless », personne n’a eu de mal plus qu’il en pensait avoir, aucun ou presque de ceux qui ont suivi l’appel n’ont été embêtés, même pas un seul « chalbou9 », et notre voix a été entendue et relayée a travers le monde.

Ma surprise fut énorme avec ces dizaines de pseudos avec des avatars de Che avec un cigare pour la plus part (ils ne savent pas qu’il est con ce Che, il a tiré deux balles, s’est trouvé ministre, et quand il a eu le pouvoir ‘par hasard’, il a ruiné l’industrie et l’agriculture dans son pays, une fois c’est fait, il s’en fuit vers des contrés lointaines donner des leçons, sauf que niveau stratégie militaire, il était plus qu’ordinaire, et ce sont paradoxalement les « capitalistes » qui entretiennent son mythe pour vendre des t-shirts et des souvenirs,il n'a pas eu une mort plus mythique que mohamed dorra ou mosbe7 jarbou3 mais ca, ne fait pas vendre des t-shirts et ce n’est pas notre sujet) qui ne sont pas contents, pour eux, on n’a pas eu de couilles, que « nidhal » ne se fait pas ainsi, que sans prison et sans frapper la police ca tourne en gaminerie, et qu’on aurait pu faire preuve de plus de courage et aller jusqu’au bout, et qu’on a déçu les milliers de gens qui étaient derrières nous.

Et le plus beau est que ces courageux donneurs de leçons, me parlaient derrière des pseudos, ils n’ont même, je ne dirais pas le courage, mais la responsabilité d’assumer ce qu’ils disent.

Je me demande a part remplir les prisons, et les cafés / bars, et l’image négative transmise a la jeunesse tunisienne, passer le temps à pleurnicher, se victimiser, qu’ ont ils donné a la Tunisie ? Ils l’ont privé de centaines de brillants étudiants, poussés par une idiologie et démagogie à remplir les prisons, alors que les « têtes » , « el mounathlin el kbar » étaient intacts et « protèges » pour la plus part.

Avant sayeb sala7 et nhar 3la 3ammar, je fuyais comme la peste cette opposition, ces gens des grands slogans, la raison : aucun programme, juste des paroles, et le but ultime : chercher à provoquer le système pour qu’il réagit mal, alors qu’on savait des le départ qu’il allait mal réagir ! mais on s’en fout des dégâts collatéraux, l’essentiel : passer a Al Jazeera dire qu’on est des victimes, mais sur le plan réel, du terrain, combien d’actions ont il fait ? Combien de loi ont-ils changé ? combien de causes ont-ils fait bouger ?aussi optimistes que vous pouvez être, vous me diriez pas plus que quelques unes peut être en plus de 20 ans ? Et si je demande combien de jeune homme / jeune femme ont-ils brisés ? Combien de mère ont-ils fait pleurer ? Combien de brillant esprit ont-ils poussé à l’ extrême ? Des centaines je vous direz, et tout ca pourquoi ? Pour des idiologies, pour désir de gloire personnelle, pour la liberté ? Et si la méthode qu’ils ont choisi n’a rien donné, et qu’ils s’obstinent à la suivre, ca reste toujours pour la liberté ?

Il est vrai que le système est agressif, ne laisse pas trop de marge de manœuvre, fortement policier, violent , vit un paradoxe entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, mais si le but est la liberté, changer la méthode , en évitant de véhiculer l’image négative, en progressant lentement et surement, avec humour et assurance, en respectant les lois, même si on nous en empêche, je pense que les choses seraient différents aujourd’hui. Ghandi a réussi a libérer son pays de la plus grande puissance coloniale , la plus brutale que le monde a connu, avec ca, en seulement 20 ans !

J’ai même eu des pseudos, qui me parlent qu’ils ne reconnaissent pas cet état, le pouvoir en place, le système, donc ils ne vont pas lui demander des autorisations ! ca m’a beaucoup fait rire, car ces schizophrènes, payent les impôts, s’arrêtent au feu rouge, prennent leur CIN au poste de police et leurs actes de naissance de la municipalité, donc ils reconnaissent ce qu’ils disent ne pas reconnaitre tout compte fait !

Donc pour revenir a nos moutons, dans cet avalanche d’attaques il y’a une histoire qui, a mon gout, voulait tout dire : c’est un monsieur qui a écrit un p’tit poème / fable, ou un fils demande a son père de lui raconter une histoire avant de dormir, son père lui raconte l’histoire de la manif, et son fils lui demande : papa il n’y a pas autre chose ? Et après ? Le père « yetnahed » et lui rappelle que les gens qui ont organisé n’ont pas eu assez de courage pour aller jusqu’au bout. Moi a la place de son fils, j’aurais demandé : et toi papa, tu étais ou quand il a fallu signer ? Et toi papa t’as fait quoi ? Tu es resté chez toi à rien faire ? Et après papa, pourquoi tu n’as pas fait comme eux ou mieux ? Et papa ca c’est leur histoire, et la tienne ?

Je ne parlerais même pas de ceux qui a cause de « ka3bet el birra » ont transformé toute l’histoire en attaque contre la religion, et on est devenus des « zaned9a » pour quelques uns « w damna 7lel ! ». « manich bech na3mlelhom mgharef ».

Pourquoi je raconte tout ca ? parce que la ou j’étais, de mon cote de l’écran, je pensais que ce que nhar 3la 3ammar a apporté , est plus que 100 personnes qui descendent dans la rue, ou 30 journaux qui parlent de la censure, je pensais que ca apportait une nouvelle méthode, « Ghandiste », légaliste, ferme, un objectif a la fois, qui communique positivement, qui ne cherche pas a se lamenter, se victimiser, qui respecte la loi même si elle ne l’aime pas, une méthode positive, qui ne fera pas la révolution du jour au lendemain, mais qui bougera les choses, millimètre après millimètre, mais surtout responsable sans dégâts, aucune mère ne pleura, personne n’ira en prison, personne ne seras torturé, une méthode qui se base sur l’information, sur le respect de la procédure, qui s’intéresse aux problèmes de tout les tunisiens qui s’en fout de la bagarre de Trotski et Molotov qui aurait du payer cette maudite vodka, et de la querelle de cheikh Abou mos3ab w cheikh Abou Moshel si la sodomie et 7ram ou très 7ram, réaliste qui reconnait le pouvoir en place, pacifique et pacifiste, fortement politique dans le sens qu’elle s’intéresse « cha2n el 3am », fortement apolitique dans le sens des parties et idiologies ; pour cette méthode, il y’a un minimum sur lequel tout le monde doit se concentrer, mériter, avoir, pour pouvoir rêver un jour d’avoir un vrai atmosphère politique ; pour cette méthode l’ancienneté ne compte pas, il n’est pas nécessaire d’avoir 20 ans de « nidhal » pour être quelqu’un, tout le monde du moment qu’il est convaincu, peux participer, ce qui diffère ? les faits réels pas les « bayanet ».

Mais apparemment.. ce n’était que dans ma tete, nhar 3le 3ammar, était pour beaucoup , juste a big joke, et ce qui arrive quand « frou5 » s’intéressent a la politique.

Même si cela était dit dans l’avant propos j’insiste que ce que je dis ne représente que mon simple avis, et n’engage que ma personne.

Dans l’épisode suivant, je parlerais des nouveaux « recrus » et des nouvelles propositions qu’il y’a eu pour continuer la bataille, qui a l’époque ne semblait pas s’arrêter un jour avant la levée de la censure.

mercredi 27 octobre 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 10)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Le premier clash

Cet épisode diffère des autres en plusieurs points, il ne parle pas de la manif, ni d’un groupe soudé qui regarde vers la même direction.

Je sais que beaucoup utiliseront ces propos pour discréditer MBL, mais a la limite je m’en fou, je vais dire la vérité, ou ce qui me semble être la vérité, sans rien ajouter, en essayant d’être le plus objectif possible.

Avant de commencer, j’ai reçu deux questions concernant ce qui a précédé, de "quelqu'un qui m'avoir pose une question en public sur twitter, me traite de 'bas' et demande que j’enlève son nom, chose faite" et hmida ben jemaa, je ne vais pas répondre vu que la réponse suivra dans le reste du récit.

Donc lundi 24 mai, j’envoi un message, non au groupe, mais individuellement aux membres du groupe (le groupe est devenu privé depuis mon arrestation), tout les membres exceptée MBL.

Pourquoi ne pas l’avoir envoyé a MBL ? La raison est simple, je connais ma capacité a mal exprimer ce que je veux dire, et vu la sensibilité du sujet, je voulais prendre l’avis du groupe, a fin que mon message ne soit pas mal interprété.

Personne ne répond.

Après un temps d’attente, Amira me propose de poser mes questions directement a MBL.

Je ne savais pas si c’était pour dire que mes questions étaient légitimes et le risque que ca soit mal interprété est inexistant, ou tout à fait le contraire.

Je reprends le message, je le pose au groupe, MBL inclus.

Mes questions je les jugeais légitimes, j’ai bien insistés sur le fait que ce sont des interrogations pas des accusations, et que je voulais des réponses, et c’était hors de question de garder des doutes pour moi, et la moindre des choses dans un groupe qui combat la censure c’est de ne pas s’autocensurer.

Je ne me rappelle pas de toutes les questions, mais c’était principalement :

  • - Pourquoi Chawachin, on ne s’est jamais vu à Chawachin avant, et pourquoi tant insister, c’était idéal pour la police, alors que a café théâtre il aurait eu beaucoup plus de monde, beaucoup plus de témoins.
  • - Pourquoi on ne t’as pas arrêté ? alors qu’on était 3 à signer ! d’ailleurs la police nous a pris un a un en risquant que l’alerte soit lancée, pour éviter de t’arrêter !
  • - Comment ca se fait que tu garde toujours le pull sayeb sala7, alors que c’était critique pour la police de le récupérer, ils ont même envoyé slim avec des agents chez lui en milieu de l’interrogatoire pour les récupérer

Et plein d’autres détails de ce genre, ils étaient au nombre de 10 si ma mémoire est bonne.

Les questions n’étaient pas posés aussi brutalement comme dans cet épisode, mais j’ai essayé de paraitre le plus neutre, objectif, « professionnel » possible, en insistant sur le fait que ce n’était pas des accusations, mais des questions, et si c’était des accusations je n’aurais pas froid aux yeux non plus « me ched 3leya 7ad sme le ti7, weli fi mo5i 3le lsseni, personne ne me paye, et kelmti 7orra »

La réponse ne se fait pas attendre, et c’était une vraie surprise pour moi.

MBL prend les choses d’une manière personnelle, et après avoir rappelle ses prouesses en militantisme et son engagement comparé a « far5 » comme moi, je deviens un « indic » et un « na9roud » et j’avais un agenda, et je suis « weld taher gargoura » et je n’ai jamais été apolitique, la preuve : je me suis présenté aux élections !

Pour une fois, je ne cède pas a la provocation et j’exige la réponse a mes questions, plus que légitimes, car j’ai risqué mon cul, j’ai passé 12 heures au poste, et tout ce que je raconte était des faits.

Pour MBL répondre a une ou quelques questions, semble suffire pour oublier le reste, bien sure avec le maximum de bruit et bruitage possible, et rien que je me permet de poser ces questions, était la preuve irréfutable que la police ma recrute pour semer la zizanie dans le groupe ! une défense napoléonienne parfaite !

Je ne me laisse pas aveugler ni intimider, je reste calme, et je demande toujours mes réponses.

Et j’ai eu mes réponses : MBL va se jeter du 10 Emme étage d’un hôtel, ou mieux, il a alerté le monde des activistes et joué la victime persécutée, ou beaucoup mieux, il me demande de venir immédiatement a l’avenue Habib Bourguiba ou il m’attendra, pour que je le vois se livrer au ministère de l’intérieur.

Honnêtement, sur le coup, et vu la réaction, j’ai pensé direct a « t7andira », comme celle qui a permis l’arrestation, donc j’ignore la requête tout simplement.

Cela m’a beaucoup fait rire, et je savais que c’était du bluff, et j’ai demande qu’il le fasse. Il sait ou est le ministère, qu’il arrête « tjaltim » et qu’il le fasse ! et j’avais raison, il ne l’a pas fait, heureusement que ses amis ‘sincères’ lui en ont empêché (waw comme si « jad 3leya tfouri5 wel aflem a deux balles »)

Entre temps je reçois des messages privés des membres du groupe, pour me dire que MBL est un cas particulier, qui s’enflamme rapidement, qui risque de faire des bêtises, qu’il est sensible etc. etc.

Je ne savais pas que ce groupe faisait dans le social, mais ca m’a suffit pour garder mon sang froid, tout en exigeant toujours mes réponses.

Tarek propose que tout le groupe se voit, et que tout le monde en discute live.

Le rendez-vous est pris pour le lendemain, tout le monde ou presque était la, il y’avait même les nouveaux membres, il ne manquait que Slim, il y’avait même des gens en plus ! Oui MBL apporte avec lui son conjoint, comme si c’était un dine gala !!!

J’essaye d’être calme, d’insister sur le fait que la réponse et la réaction étaient du n’importe quoi et indignes de quelqu’un de son âge.

Pour les réponses, que j’ai réussi à avoir, entre les crises de nerfs, et les menaces de se jeter du dixième étage ou de se livrer au ministère de l’intérieur, j’ai eu plusieurs réponses, coupés, pas bien articulés, avec plus de sentimental que du rationnel et qui pour être vraiment convaincantes, il faut beaucoup de bonne foie.

La seule réponse que j’ai retenu et qui m’a paru plausible : « qui pourrait expliquer la logique de la police tunisienne, c’est a eux qu’il faudra demander pourquoi ils ont agit ainsi ». ca m’a paru correct et suffisant.

Tout le groupe se met d’accord que l’incident soit clos et que le groupe continue à travailler. Mais apparemment, il restera des rancunes et les événements montreront que même si on était d’accords, il y’en a qui étaient plus d’accords plus que d’autres.

Durant cette crise qui n’a duré que deux jours, j’ai senti pour la première fois que le groupe faisait de la politique : on attend le « vainqueur » pour s’annoncer, on fuit la réponse a la question : « es ce mes questions étaient légitimes ? », en essaye de ne pas se mêler en évitant de dire ce qu’on pense clairement, a moins que personne n’a rien pensé du tout !

J’ai senti (a tort ou a raison) que le refus de prendre position (car mes questions me paraissaient si pertinentes) que le groupe ne voulait pas perdre MBL, car il était précieux dans le sens politique vu son immunité (femme, transplantée, a eu des médailles pour la Tunisie), son introduction partout , et l’appréciation qu’il a par tout le cercle activiste tunisien / ONG / Medias.

Moi je m’en foutais ! Je dis juste ce que je pense, et j’ai déjà exprime ma volonté de ne plus vouloir être une tête d’affiche pour une éventuelle prochaine action, donc du coup j’étais moi important pour la cause.

Es ce que c’était juste un sentiment ? Es ce que c’était la vérité ? Es ce que j’ai tout faux ! Je n’en sais rien, mais à l’époque des faits, c’était mon sentiment le plus profond.

lundi 25 octobre 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 9)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Samedi, dimanche : l’apothéose

Aussi bizarre que ca puisse paraitre, les jours J, et J+1 étaient les plus calmes pour moi, certainement vu que je ne sois plus que spectateur, que c’était juste l’heure de récolter... Anyway, je continue la ou je me suis arrêté dans le précédent épisode.

Il est 23h ou un peu plus, Je suis devant chez moi, le monsieur de l’interrogatoire ne part pas, il attend que j’entre chez moi, je le regarde et je reviens vers lui, pour lui demander si ma famille est au courant, il répond que non.

J’entre chez moi.

Tout le monde dormait, sauf mon frère, il m’ouvre, me regarde, je n’ai pas de traces de violences sur moi, il ne dit rien, il rentre dans sa chambre.

Je le suis, je prends son téléphone pour faire une vidéo.

J’ouvre mon portable, je reçois une trentaine de sms à la fois et le téléphone commence à sonner, je commence à répondre, et c’est en ce moment que je me rends compte que j’étais fatigué et déstabilisé par la journée que je venais de passer.

La plus part des gens voulaient avoir de mes nouvelles, voulaient savoir si c’était moi qui a écrit le texte sur la page de nhar 3la 3amamr, et a un certain moment, j’en pouvais plus, j’ai juste refermé mon téléphone.

Je fais une vidéo en essayant de paraitre le plus solide possible, après tout, je voulais sortir du cercle de la victimisation, de jouer a cosette, et de se lamenter, je voulais donner une image positive, qui porte un espoir, et qui casse le mythe de la police qui torture automatiquement et systématiquement, je voulais passer un message qu’il y a suffisamment de marge de manœuvre , suffisamment d’espace pour essayer de changer les choses, et qu’allumer une allumette, vaux 10000 fois mieux que d’insulter l’obscurité, je voulais dire que c’est possible d’essayer, sans finir automatiquement en prison, sans passer par la case départ et sans prendre 20000 dinars.

Je savais que ce n’est pas le genre d’histoires que quelques ONG aiment, que les gens ont l’habitude d’entendre, que peut être si je dramatise, je joue la martyre j’en aurai plus a gagner en terme d’image, mais justement, je m’en foutais de l’image, je ne faisais pas de la politique moi.

J’ai même pensé ne pas parler du tout de l’arrestation, et essayer de briser cette spirale de la peur, pas l’intensifier, mais slim a déjà posté sa video, et il en a déjà parlé.

Donc je fais ma video, aussi bien que je pouvais, d’habitude c’est slim qui filme, la j’étais seul donc pour le cadrage c’était très approximatif.

D’ailleurs je me rappelle qu’il y en a un sur facebook, qui a dis il ne montre pas sa bouche, c’est surement qu’elle est amochée et fracassée.

Je me connecte sur le groupe, je vois que j’en fais plus partie, j’ai bien compris que c’était une simple mesure de sécurité au cas où j’aurais donnes mes identifiants au policiers.

J’envoi un mail au groupe, on me réintègre, je parcours diagonalement la « gestion de crise » pendant l’arrestation.

Sur FB beaucoup de gens que je connais demandent à confirmer mon identité, surtout après la maladresse des policiers qui ont insisté que je poste le message que « el 9eyada » voulait.

Je réponds à quelques uns.

Smokes the day’s last cigarette, et je m’en dors, dans le salon, tout habille, lumière et télé en marche, en fait je m’effondre.

Je me réveille le jour J, samedi le 22 Mai.

J’ouvre mon portable, et je consulte ma messagerie facebook.

Je trouve plusieurs messages, mais il y’en a quelques uns qui n’étaient pas comme les autres, qui se résument en « 5ssara saybouk 7abithom ini**** bech tetraba tetboureb 3le el 7akem ».

Je n’ai pas Al Jazeera chez moi, donc je n’ai pas pu suivre l’émission qu’ils ont fait sur la censure en Tunisie, ni la couverture de la manifestation de Paris.

Je regardais ca sur Facebook.

Et les premières photos de gens en T-shirt blanc commencent à êtres postés sur le net.

Et la, je réalise que nhar 3la 3ammar, était une réussite.

La police était la, les attendait, ils savaient que la police était la, mais ils sont venus.

Pas de têtes grillés, mais des gens normaux, monsieur tout le monde, pas en se préparant a la bagarre, mais avec le sourire, ils sont descendus dans la rue, exprimer une position, un dérangement.

J’ai beau cherché, mais a part la révolte du pain, et les histoires de gaza et Iraq, je n’ai pas trouvé dans ma mémoire, un autre mouvement qui a poussé des gens normaux, pas des militants engages, des messieurs tout le monde, a descendre dans la rue, a se regrouper, et a exprimer une opinion politique aussi explicitement dans la rue.

J’étais fier, content, et rassuré, oui le risque que j’ai pris valait la peine, d’autant plus que ce n’était pas des pseudos, c’était des gens réels, en chair et en os.

La journée se passe sans incidents, au moins a ma connaissance.

J’appelle Slim : Ahla bel battal, il me répond : Ahla bel battal le5er. On décide de se voir dimanche avec tout le groupe.

Dans tous les messages, coups de fils, sms que j’ai reçu, il y’a un sms qui m’a spécialement touché.

Je ne connaissais pas le numéro, je lui réponds par un sms, pour demander c’est qui, il me répond que « mouwaten tounssi » sans plus.

J’ai passé la nuit à fumer, et à voir et à revoir les photos des pulls blancs, en boucle sans cesse.

Dimanche, on va se voir, il y’aura Slim, Hana, Azyz et moi, MBL s’est excusée pour des raisons personnelles.

On se voit chez Slim, qui sort le grand jeu, et nous offres deux excellentes bouteilles, Malek khadraoui était avec nous en e-conférence (je suppose qu’il paye jusqu'à aujourd’hui le prêt qu’il a du prendre pour sa facture de téléphone).

La grande surprise, viens de Slim, qui annonce, tout simplement, l’air de rien, entre le fromage et le dessert, que « 3ale9 sabbat ». Qu’il ne fait plus partie du groupe et que pour lui tout s’arrête autour de cette table.

On n’essaye ni de comprendre, ni de le convaincre. Juste on accepte . On finit la soirée. On rentre.

Manif 22 mai s’est officiellement terminé le dimanche 23 mai, un peu avant minuit.

je finirais par ce message que je transmet comme je l'ai recu de la part d'un citoyen tunisien vivant au Canada :

"je voulais te dire que ce que tu as fait m'a permit de dépasser un peu la barrière de la peur meme si c'est juste sur facebook je lis attentivement tes notes je voulais te dire que le jour ou j ai appris votre arrestation j ai contacté radio canada pour les informer j'apprecis ce que tu as fait et je t en remercie je ne suis pas engagée politiquement et je ne le serais jamais mais j ai appris grace a vous que si on pouce un petit peu les limites de la peur et qu on refuse de se soumettre à l injustice les choses changerons merci encore"








A partir du prochain épisode, je ne parlerais plus de la manifestation, mais de l’après manifestation, que ce soit au niveau du groupe, ou au niveau des évolutions et retombés sur ma personne.

J’attendrais toutes les questions concernant tout ce qui a été publié jusqu’ici, et si les questions sont assez nombreuses, j’en ferais un épisode, avant de clôturer complètement cette partie.

Je suppose que les dessous, révélations n’ont pas été nombreuses jusqu'à ici, vu que cette manifestation a était organisée dans un groupe public, il y’a eu les vidéos qui résumaient presque tout, ce qui ne sera pas le cas pour les épisodes suivants. ;)