الخميس، 14 أكتوبر 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 3)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Le dépôt, un Mortal Kombat, choose your destiney : round 1, fight !

Ce qui va suivre, la plus part des gens le connaissent déjà, ca été résumé en vidéo, je pense que ceux qui attendent des insolites, des détails, des noms, doivent encore attendre, les dessous des cartes, les révélations commencent, le 23 mai. Mais comme j’ai déjà précisé, ceci n’est pas une chronique, ou un documentaire, il n’est pas fait ni pour plaire, ni pour régler des comptes, il n’exprime que ma vision des choses lorsque les événements se sont passés.

Pour répondre a plusieurs messages qui me sont parvenus en privé, oui, je vais continuer, je raconterais tout, et je m’arrêterais a la date du 12/10 ou j’ai décidé de commencer à écrire en expliquant pourquoi je l’ai fait, et pourquoi en ce moment.

Je prendrais même la liberté après, d’expliquer ma synthèse, mes attentes, les projets futurs.

Des amis, des membres du groupe, des concernés, ont déjà attire mon attention sur plusieurs imprécisions, j’ai oublié une personne dans un tel meeting, j’ai donné moins d’importance a un événement ou plus d’importance a un détail, mais heureusement, que j’ai bien précisé que c’est un travail d’émotion de sentiment, pas un travail académique, et qui n’engage que moi, donc je peux me permettre de ne pas être trop précis et les corrections, w « jabden el wethnin » sont toujours les bienvenus en privé ou en public :D

Donc pour reprendre la ou j’étais dans la partie 2, vendredi 14 mai, était une longue nuit, j’étais tout excité, fier de moi, je me sentais important, je n’irais pas au point que je me sentais en train d’écrire l’histoire, mais presque, c’était mon moyen de « me la peter » pour trouver la force. J’ai dormi a 4h du matin, j’ai fait un rêve cette nuit, non, pas un cauchemar, un rêve ordinaire, je me voyais a la cantine du lycée quand j’avais 13 ans, manger du « bousa3 ».

Je me réveille tôt, je prends mon café, une dizaine de cigarettes, l’un après l’autre, un deuxième café, je prends un taxi, et je suis à Nasr.

J’appelle Slim, il est encore chez lui, il m’indique un café populaire (je suis fiché dans tout les cafés de Nasr, j’exige toujours un ver d’eau du robinet, j’achète jamais de l’eau en bouteille, je prends jamais de gâteau avec le café, je laisse jamais de pourboire, et je gueule, je réclame a haute voix, et je connais quelques textes de loi relatifs a la vente forcée).

Je prends un 3emme café, slim arrive, souriant en plus, cool, décontracté, on dirait qu’on va faire un piquenique ! Il réussit à me passer sa bonne humeur, il a déjà imprimé la demande, on la relit, on signe, en deux exemplaires, maladroit comme je l’ai toujours été, c’était plus qu’attendu, voila du café sur le formulaire, on ne gueule pas, on en rit, et on fait 2 autres :D

Slim ne fume pas, mais il est toujours d’accord pour un cristou :D il a fumé une ou deux cigarettes, on est partie vers la 4L et on descend vers le centre ville.

Je me rappelle pas qu’on a trop discuté de ce qu’on allait faire, ou qu’on a préparé un speech, un scenario, si sinon digne de deux informaticiens, non, on n’a pas beaucoup parlé, et on n’a pas trop parlé de ce qu’on allait faire.

On arrive, on met la 4L au parking, juste derrière le ministère de l’intérieur, y’avait mosaïque FM dans les hauts parleurs, il était 10h ou 11h du matin.

En sortant, je rencontre le RH de la boite ou je travaillais, je lui montre le texte de la demande, et il me dit : oui oui, je suis au courant, c’est pour cette histoire de big trap boy ? On ne t’attend pas lundi alors ?

A la sortie du parking, on trouve MBL, anxieux, montrant une peur plus que nous, visage pale et pas l’ombre d’un sourire, en le laissant et se dirigeant vers le ministère, on pouvait a la limite voir sur son visage « merde, je vais plus vous revoir ».

On avance vers la gueule du loup, on ne sait pas ou aller, on avance vers la grande porte, celle du ministre, sur avenue Habib Bourguiba, deux policiers armés nous interpellent, étonnés, ou vous allez ? Au ministère ? C’est à coté, l’autre porte.

Et la, j’ai une merveilleuse idée, pourquoi on ne vendrait pas la peur en canettes, putain, c’est magique cette sensation, aussi paradoxal que ca puisse paraitre, la peur donne du courage, de l’audace, de la grande gueule, de la force mentale face a l’intimidation, pour la première fois depuis 2 jours, je n’ai plus peur, le pique était juste avant de traverser la rue direction le ministère, après, plus rien ! Au contraire, de la confiance en soi, de la détermination, il semble que la peur transforme les couilles en des couilles d’aciers.

On arrive devant cette porte, je vois Slim trop sérieux pour la première fois, un sous officier nous demande ce qu’on voulait, on lui répond qu’on veut organiser une manifestation, on avait à le répéter une deuxième fois, il nous demande, qui sommes nous, quel parti, on répond aucun, un regard très bizarre nous dévisage : mais c’est quoi ces cons !. Il demande pourquoi, slim essaye de lui expliquer encore, et son regard dis de plus en plus : mais c’est quoi ces bordel de cons ! On lui donne notre document de déclaration, il demande nos CIN.

Un officier, un jeune lieutenant, s’approche, demande ce qui se passe, le sous officier lui explique, mais c’était clair qu’il n’a rien compris, l’officier prend la demande, nos CIN et nous demande de le suivre.

Une autre porte, juste à cote, une petite salle, on s’installe, on attend, et j’ai pressenti que l’attente sera longue.

Y’avait pas grand monde dans la salle, y’avait une fille voilée qui pleurait toutes les larmes de son corps, un monsieur la cinquantaine qui regardait dans le vide.

Je n’avais plus de cigarettes, je laisse slim dans la salle, je lui demande de me biper si on nous appelle, 2 rue plus loin, je m’achète 3 paquets de cristal et une bouteille d’eau.

Je reviens, je suis debout devant la salle ou il y’a slim, je fume, une cigarette, deux, je reviens a coté de lui, il boit de l’eau, encore une cigarette.

Un monsieur , la 40, 45 ans, chauve, grosses lunettes, grosse moustaches, nous demande ce qu’on voulait, ayant déjà l’expérience du premier sous officier, on est bref, il nous lance une blague (on n’était pas vraiment d’humeur à rire), et s’exclame qu’on a censuré quoi que ce soit, et nous laisse tranquilles.

L’officier reviens, il nous appelle, on est dans la rue, nous rend nos CIN et notre demande, et nous informe que ca sera pas possible de déposer cette demande au ministère.

Et la, une chose extraordinaire arrive, au moment ou n’importe qui d’autre (enfin je suppose) aurait rebroussé chemin, nous on a tenu bon, on a refusé de nous aller, on a demandé et insisté, a la limite de l’insolence, qu’on nous montre le bureau d’ordre, c’est notre droit.

Ni mes arguments : « si la déclaration ne se fait pas ici, tan pi, on la dépose quand même, on prend une décharge, et le ministère pourras nous répondre officiellement, que c’est pas à chez eux que le dépôts se fait et nous oriente »

Ni les éclaircissements de slim : « ce n’est pas a vous de juger si c’est ici ou pas, c’est un document qu’un citoyen présente, vous êtes dans l’obligation de le prendre »

Ont réussis a débloquer la situation.

Nos questions : « alors on dépose ou, si c’est pas ici » sont restés sans réponses

Et la j’ai senti que l’officier était vraiment sincère, il n’en savait rien !! Il a laisse sortir, un petit peut être au gouvernorat.

Mais On insiste tellement, encore et encore, il s’éclipse de nouveau, et deux gars en civil, costume cravate, badge bien sure, mais on ne voit pas le nom, on voit juste le fil au coup, la partie qui normalement doit être visible, comme le stipule la loi, avec nom prénom service, on peut toujours rêver, je suppose qu’elle n’est pas visible pour des raisons de sécurité, bien évidement !

Ces deux gars, se présentent en étant LE bureau d’ordre du ministère, ils sont descendus pour nous voir.

Et comme c’était eux le bureau d’ordre (non non, ce n’est pas une institution, un service, en Tunisie le bureau d’ordre c’est en chair et en Os) ils refusent de prendre notre demande, encore mois de donner une décharge, et je retrouve le regard : mes bordel, quels cons !!!

Le ton monte, on menace de revenir avec un huissier de justice pour constater leur refus de nous recevoir, ils s’en foutaient royalement, a la limite c’était le sourire a peine caché : vas y naïfs, bonne chance, manquais que le lol !

Je demande, alors, qui êtes vous, votre nom/prénom, je vais porter plainte, écrire a votre ministre, et la ca prend une autre tournure, le ton monte, les expressions de visage changent, ils m’ignorent complètement, mais y’avait de l’électricité dans l’air. Plusieurs dizaines de milliers de volts.

Ils nous laissent devant la porte, et reviennent au ministère.

On était au point mort. Très mort même !

On allume deux cigarette, on ne sait pas quoi faire.

On appelle Amira a Paris, on prend le numéro de son père, si Mokhtar, en espérant qu’il nous aide, il était juge, il connais les lois et les procédures.

On raconte aussi bien que mal, ce qui s’est passé a MBL, si Mokhtar arrive. On lui raconte tout.

Je me rappelle que ma main a beaucoup tremblé en le saluant la première fois, je ne l’ai jamais vu avant, j’ai juste lu son histoire une fois, un jour.

Entre discutions, et en passant devant le ministère de l’intérieur, il me dit, parmi d’autre chose, qu’il souhaite un jour que le sous sol de ce ministère se transforme en musé, c’est la ou on empêchait l’histoire de la Tunisie de se faire. Ce mot a raisonné dans ma tête, beaucoup raisonné.

Il nous propose d’aller a « idara el 3ama lel amn el watani » le temps court, c’est samedi, tout ferme tôt, mais j’ai insiste pour boire un café, j’ai retardé le groupe, j’avais besoin de caféine.

On cherche cette « idara », on la trouve, on arrive, si Mokhtar part.

On entre, plus confiants cette fois, on trouve un agent, il nous fait attendre, on lui explique vite fait, il passe un coup de fil (le fameux « jewni zouz awled wela chneya, y7ebou mouthahra wela ndra chneya »), il nous répond : NON.

On essaye avec lui, mais sans succès.

On sort, on retrouve si Mokhtar, on discute.

A ce moment la, j’ai un trou de mémoire, je me rappelle qu’on est allé une deuxième fois a cette idara, es ce que c’était tout de suite après, ou après le gouvernorat, ou lundi. Mais une chose est sure, on y est revenu, et on a eu le même résultat : RIEN.

On décide de tenter le coup avec le gouvernorat, le temps presse, on est samedi.

Je me rappelle que pour le gouvernorat hana trabelsi était la, es ce qu’elle était la depuis le début ? après ? je ne sais pas, je sais plus.

Je me rappelle aussi que si Mokhtar n’était pas avec nous pour le gouvernorat, c’est très flou dans ma tête cette « heure ».

On arrive rue de Rome, on entre, on trouve chewech, on demande le bureau d’ordre, il demande lequel, y’en a deux, on lui explique, et on découvre un nouveau regard : mais merrrddddde pourquoi moi. !?

Comme tout fonctionnaire tunisien qui se respecte, il passe un coup de fil, et la réponse du bureau d’ordre ne se fait pas tarder : merde merde merde, ne les laisse pas monterrrrrrr.

Et la, on n’a pas fait dans la diplomatie, on a crié, exigé, fait le maximum de bruit qu’on pouvait, on était menaçants, « on apportera un huissier de justice pour constater que TU veux pas nous recevoir » , « dois-je apporter la camera de ‘el ha9 m3ak’ pour accéder a un service public » , « t’es la pour me servir, t’es payé par mes impôts, pas pour me dire quoi faire », le fait d’être dans la gueule du loup et en sortir indemne, nous a donne une énorme confiance en soi.

On a demandé de parler directement au bureau d’ordre, il les appelle, ils refusent de nous recevoir, ni de nous parler au téléphone, il appelle le responsable des dossiers politiques dans le gouvernorat, si Zied, il ne le trouve pas, apparemment « fsa3 ».

Et j’étais devant un exemple parfait de l’institution qui démissionne, personne, personne dans le gouvernorat de TUNIS capitale, était capable d’apporter une réponse, de recevoir deux jeunes, qui ont un papier à remettre.

J’étais en rage, Slim plus calme.

On refusait de partir, a un certain moment, le « chewech » m’a fait pitié, il était tout pale, très paniqué, on dirait qu’il n’a jamais fait un truc pareil, et ne voulez surtout pas assumer une responsabilité en nous acceptant, ou en nous refoulant. Et la, le gouverneur et un très haut fonctionnaire du gouvernorat passent a l’accueil, pour rentrer ou ils ont entendu le bruit qu’on s’est pas gêné de faire.

Il demande qu’es ce qui se passe, on lui explique, mais on y arrive pas correctement, on l’a tellement expliqué aujourd’hui qu’on ne trouve plus les mots. On lui tend notre demande, il la survole des yeux, nous la rend, et nous dis que ce n’est pas ici, que c’est a « idara el 3ama lel amn el watani », le plus soulagé, était le « chewech » : vous avez entendu monsieur le gouverneur.

On essaye de grogner, mais le gouverneur était déjà parti.

On sort.

J’avais faim, très faim, mais pas de temps pour ce genre de « luxes ».

On discute, on parle, on décide.

Juste à cote du gouvernorat, y’avait la poste, ou peut être on l’a fait après avoir pris un nieme café ? qu’importe !

On y va, et on envoie notre demande en courrier enregistré et recommandé et accusé de réception et tout, le plus cher quoi, simultanément aux messieurs le gouverneur de Tunis, monsieur le ministre de l’intérieur, et monsieur le directeur de « idara el 3amma lel amn el watani », on prend soin de photographier nos lettres, nos accusés.

Et c’est fini ? Non, pas du tout, ce n’est une longue longue longue journée.

On prend un café, si Mokhtar était la, y’avait le groupe, beaucoup de têtes, je me rappelle pas

On a bu un café, j’en ai pris 2 moi, et on discutait de « et la suite » ?

Je m’attendais à voir un policier a mes trousses, d’être encerclé, photographié, je le souhaitais au fond de moi, cela voudra dire que je suis important. J’en ai pas vu, et pris dans un élan de romantisme, et de paranoïa, j’étais très d’accord que les deux messieurs bizarres assis pas loin de nous, étaient des flics en civile, ils l’étaient peut être, peut être pas, sur le champ, j’en étais sur, mais un autre incident, 4 jours plus tard, me montrera que les flics sont plus pros que ca.

Il était clair, qu’il faut une deuxième « round », si Mokhtar nous indique le seul huissier de justice capable de nous accompagner au ministère. On prend note. Mais lundi je travaille, quelqu’un d’autre signera a ma place, non, je n’abandonne pas mon « bebe », je téléphone au chef de mon chef, je lui raconte des salades, j’ai ma mâtiné du lundi.

Il faut dire qu’on avait ni plan, ni stratégie, ni rien, on avait que de la bonne volonté, au fil des discutions, un monsieur, qui fait plus de 100kg arrive, tout le monde le salut, lui rit au visage, on me présente, mais je m’en foutais royalement, on parle de notre projet, il est très enthousiaste, il propose même d’aller deux pas vers je ne sais pas quel journal et revenir avec les textes des lois exactes.

Il le fait, des qu’il part, tout le monde me dis que c’est un « sabeb b awra9ou » un indic, qui travaille avec la police, et qu’il faut faire attention ! Cette hypocrisie me fait un électro choc ! Mais pourquoi lui parler alors, et de toute façon, je n’ai pas un plan secret, j’ai rien a cacher, je ne fais pas de double jeu, il ne dira pas a la police plus qu’elle ne sait déjà.

On discute encore, et comme ca, sans préméditation, on décide d’écrire à la presse.

On écrit un texte, ou plutôt un texte s’écrit, j’ai changé tellement de mots, en évitant « on a décidé : 9ararna, on s’est rassemble : tajam3na, et tout les mots qu’on peut facilement détourner si on le veut nous accuser de « takwin 3issaba » association de mal faiseurs.)

Hana tape le texte sur son pc, on cherche ou l’imprimer.

Une fois chez l’imprimeur, j’ai eu une soudaine envie, mais alors la très très très forte de me soulager, et j’ai fait la « ********* » (pipi bel 3arbi) la plus longue et la plus délicieuse de mon existence, le mot se soulager, avait finalement un sens.

Chose faite, tout le monde rentre, ne reste que moi et slim.

Je cherche un vendeur de journaux, j’achète tout, tout journal / magazine qu’il avait, je lui demande même de chercher dans son stock, d’anciens journaux qui sortait pas ce jour la. Y’en avait une tonne. On cherche ou on peut envoyer des faxe, on trouve, on prend un coin, et un a un, on a copie les numéros de fax, on a discriminé personne, même les journaux papier cul (el 7adath, kol ness), même les journaux du RCD, de l’opposition, y’en avait une trentaine au moins, heureusement on a su négocier avec les fax-man, pour un prix.

On a envoyé nos faxes, ca a pris un temps fou, on savait que presque personne ne vas le publier, mais on gardait les accusés , pour – a notre manière- mettre le système face a son paradoxe, ces journaux qui disent qu’ils sont libres, que la liberté d’expression est un fait, qu’ils sont a l’écoute de la jeunesse bla bla bla, on voulait leur montrer, que ils mentent ! Tout le monde le savait, ce n’est pas une nouvelle, mais maintenant on avait des accusés de réception de fax qui le prouve.

C’est fait, on va manger, même pas, on prend des trucs à emporter, on mange dans la rue.

Arrivée au parking, on paye, et la slim propose de raconter ce qui s’est passé.

C’était pas prévu, pas a ce que je sache en tout cas, on n’a pas préparé un speech, y’avait pas de plan, on n’a pas fait de simulation, ou d’un « seh seh test test alllooo 1 2 3 » non, ca ‘est juste passé.

On a filmé.

,Dans la voiture je lui ai juste demandé de passer un extrait, pour voir si c’est bien cadré, et si oui ou non on entend ce qu’on dit, les 5 premières secondes ont suffit.

Il appelle montassar jdidi, sans savoir que monta était un camarade de classe en école d’ingénieurs, on pense aller boire quelques bière, la fameuse bahja.

Après des hésitations, on se retrouve fi avenue de la liberté, dans le cercle italien, a boire de la bière, avec des gens que j ai entendu parler mais jamais vu, le créateur de « sayeb sale7 », l’artiste de « zinga map », on était chab3a thkoura. (Une dizaine pour tout)

J’étais fatigué, stressé, tête dans le brouillard, il aurait suffit qu’un de ceux qui sont entré dise « : el 7noucha eli louta, teb3in chkoun » pour que la paranoïa reprend.

Slim parle de la vidéo a Montassar, qui demande de la voir, slim la lui montre, il dit que c’est bien. Il n’a rien dis d’autre.

Je me rappelle que je suis rentré chez moi, slim m’a ramené, ou m’a ramené a mi chemin et puis j’ai pris un taxi. Mais j’ai passé la nuit chez moi, je me suis connecte, j’ai parcouru, sans grande concentration les posts du groupe google, et je me suis endormi, très profondément, comme un bébé. La semaine va être longue… très très très longue.

الأربعاء، 13 أكتوبر 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 2)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

La préparation, la logistique ?

Une fois, moi, Slim, azyz,Trabelsi hana, MBL, en accord, avec des repères plus au moins claires, je n’avais plus l’impression d’être un pion, qui avait usurpé quelque chose, j’avais l’impression d’être aux commandes, et c’était pas juste une impression, les choses se sont vite transformés, je me voyais avec Slim/azyz presque tout les jours, j’étais celui qui été farouchement attaché au respect de la loi, Slim était celui qui voulait pousser plus, avec une vision plus proche de ceux de Paris, azyz respectait le fait que comme c’est nous qui prenons le plus grand risque, les plus exposés, c’est a nous de décider mais il était de très bon conseil, hana et MBL étaient d’une grande aide logistique, y’ avait plutôt une excellente ambiance, même avec des divergences, qui au départ n’étaient pas si graves que ca, mais plus la date du de 22 approchera, plus il seront visibles et décisives.

Personne dans l’équipe de Tunis n’était avocat, ou avait des connaissances particulières en droit, (d’ailleurs pour l’anecdote, un ex membre du groupe a affirmé que la demande se fait « fi markez ») et la, venir, pour la première fois dans l’histoire de la Tunisie, se présenter comme simples citoyens qui veulent profiter d’un droit constitutionnel, sans vraiment savoir comment ca doit se faire, c’était presque du suicide.

L’équipe de Paris, a accepté, ou du moins c’est ce que j’ai pensé a l’époque (le après 22 mai a montrera que j’avais tord, j’y reviendrais) d’être que l’ombre de celle de Tunis, Tarek et Nabil étaient principalement les « verrous de sécurité », car plus les choses avancent, plus le stress monte, et plus on va vers « une fuite vers l’avant » , personne n’a jamais fait ca avant, on savait que la police nous suivait (le groupe google était censuré), la tension montait…

Le groupe google, était un groupe public, tout le monde, absolument tout le monde, pouvait lire ce qu’on disait, en temps réel, avec nom et prénom, même la police, ou autre, tout citoyen, et ca c’était un choix, y’a eu des gens contre, des gens pour, mais si ma mémoire est bonne et je ne dise pas de bêtises, Slim et moi-même on étaient d’accords pour ce choix, et on a pesé pour le garder, l’idée était qu’on n’a rien a cacher, on n’a rien a se reprocher, en agis dans la légalité la plus totale, pourquoi donc un groupe privé, peur de la police ? Mais on allait les voir, dire qui sommes nous, qu’es ce qu’on veut faire et pourquoi, d’ailleurs le groupe était ouvert pour tout le monde (pour participer / écrire), a condition que son identité soit confirmée par un autre membre du groupe, a fin d’éviter toute éventuelle « taupe » qui stériliserait les discussions.

Beaucoup de gens se sont joints , et ils étaient plus qu’utiles surtout pendant la préparation et la médiatisation, et si je cite pas les noms, c’est que je sais pas dans quel ordre ils sont joints au mouvement, peut être ils étaient la bien avant moi, je me rappelle pas de qui a fait quoi, a quel moment, et je ne vais pas le dire pour éviter des connerie, vu qu’ a cette époque tout est trop mélangé dans ma tête, et que a la limite je m’en foutait, l’important était l’action pas qui a participé et comment.

Une seule histoire, qui me fait rire jusqu'à aujourd’hui, est celle de « salade de fruit », oui, un monsieur avec ce pseudo, parrainé par Amira, qui a insisté pour faire une dérogation et qu’il garde son pseudo pour des raisons de « sécurité », et on a eu droit a la première intervention de cette « salade de fruit », un long long long texte, dans un français sorbonien de sciences po sauce académie française, avec un ton bien supérieur, qui donne des leçons, qui montre comment faire, avec même des galvanisation des troupes ! Ce général, a eu pour son grade, il n’a pas été épargné, personne n’a porté de gants avec lui, et on en a plus jamais entendu parler de lui.

Y’a eu beaucoup de temps perdu, d’indécision tout au long des discutions, beaucoup de membres ne se connaissaient pas, ne se sont jamais rencontrés, et ne savaient rien sur les autres, et pire ils savaient des choses qui se sont avérés incomplètes ou ironés. J’ai du forcer les choses, j’ai du mentir pour faire avancer , je travaillais toute la semaine et j’étais disponible que les samedis, donc j’ai dis que si ca ne se passe pas au plus tard « ce » samedi (en précisant une date), ca ne se passera jamais, vu que samedi d’après je serais en mission a l’étranger avec le travail, et donc je ne pourrais pas signer, alors que je n’avais pas de mission, la mission était prévue mi-juin.

Ca a marché, et on avait un repère, un samedi ou on devrait se voir pour déposer la demande, et du coup tout est beaucoup plus clair.

Et la, un problème se pose, alors qu’on a déjà fixé la date du 22 (je n’ai aucune idée qui l’a fixé ni pourquoi) , on vient d’annoncer que la finale de la coupe de Tunisie serait pour le même jour, et une discussion s’ouvre, devons nous reporter la date quitte a perdre en crédibilité, ou la garder quitte a perdre en visibilité.

La décision n’était pas simple, j’étais pour reporter, j’étais au fond de moi conscient que ce n’est pas une manifestation qui pourrait changer les choses, mais seule une pression médiatique le pouvait, les avis divergeaient, il y’a eu un vote, et le groupe a décida de garder la date.

J’aurais pu faire plus de pression et de lobbying pour changer, mais j’ai accepté la décision collective beaucoup trop facilement , même si j’étais pas trop convaincu des arguments pour le maintien, et même si ca n’a pas été dis, j’ai compris que c’était juste pour ne pas mélanger les cartes de la manifestation parisienne, et que tout compte fait, l’idée que les manifestations a l’étranger n’étaient que l’ombre de celle de Tunis, n’était pas si comprise que cela en avait l’air, j’ai pas fait trop de bruit car j’avais une idée derrière la tête, et il faut dire que c’était –a mon point de vu- une bonne idée a l’époque.

Je me suis mis a la place des « responsables » au ministère de l’intérieur, si j’interdis la manifestation, je dois me justifier (naïf que j’étais..), si je l’autorise, ca sera une première, et je veux pas créer un « 6 avril tunisien », donc que la manifestation coïncide avec la finale du coupe du monde, donnait au ministère une possibilité, une porte de sortie, sans être humilié si il accepte, et sans être attaqué (et en payer les frais médiatiques) si il refuse, c’était une porte de sortie honorable : votre manifestation a été refusé, vu qu’il y a la finale de la coupe de Tunisie, le président se déplace, et il ne seras pas possible d’assurer le bon déroulement de la manifestation. Malheureusement les « hauts responsables » n’ont pas saisi la perche...

C’est vrai que ce n’est pas très « noble » de ma part, d’œuvrer pour une manifestation, donner du temps, de l’énergie, de l’argent, prendre des risques, alors qu’au fin fond de moi je savais qu’elle n’aura pas lieu, contrairement a Slim par exemple, qui y croyait a fond.

Et la c’était une différence très fondamentale, entre ma vision, et celle de Slim, lui il était plus « romantique », plus « chevaleresque », plus « révolutionnaire » et moi, j’étais plus « réaliste », plus « concret », il avait beaucoup d’espoir et d’espérance dans « chou3oub el internet », pas moi, j’avais pas confiance dans les milliers de pseudos, et je pensais que n’est réel que ce qui l’est vraiment, et a l’heur H, c’est pas des pseudos qui devraient assumer tout ca, mais des gens bien réels, et il y en aura pas beaucoup, lui il pensait qu’il fera cette manifestation, et il abattra la censure, moi je pensais que cette manifestation n’aura pas lieu, mais ca sera une bonne étape, et elle ne servira absolument a rien si elle ne reste qu’une étape orpheline, et si on a une chance de bouger les choses, c’était avec le tapage médiatique continu.

J’avais l’impression, que Slim sous estimais les conséquences, s’en foutait a la limite, et je pense que cette discussion exprime mieux nos visions :

- Slim : si ils veulent nous baiser, ils ne se gêneront pas, peu importe si tu respecte la loi ou pas,autant que ca serve a quelque chose, fonçons!

- Moi : certes, mais si ils veulent me baiser, ils ne me trouveraient pas épilé et a 4 pattes ! ca leur coûtera beaucoup plus cher médiatiquement, et je ne suis pas sur que le prix qu’ils paieraient dans ce cas voudra la chandelle pour eux, mais si je leur offre mon cul, ils pourraient me juger, me mettre en prison, et avoir l’image d’état de droits en plus !

La date du « samedi de la déposition » approche, Amira, fille d’ancien juge et celle qui faisait des études de droits, devait nous fournir le texte à signer, sous la forme légale.

Elle tarde, et le premier texte qu’elle propose, a reçu mon vito, non je signe pas ca, trop agressif, trop chargé, pas de ce « mot », même si on s’adresse a une institution qu’on aime pas, ca reste une institution. A ce moment j’ai eu l’impression d’avoir été trahi, je pensais que le groupe adhéré a mon point de vu de « épilé et a quatre pattes », comprenait les risques que je prenais, et était solidaire pour les minimiser au maximum, mais avec un texte pareil, c’était tout sauf ca, j’avais aussi l’impression que le texte était bâclé, vite fait, que le groupe de Paris s’en foutait a la limite du sort ce ceux de Tunis, que ce qui compte c’est la manifestation, pas les gens, qui ne sont que des pions, et n’ont qu’a assumer leur responsabilité, ils savaient ce qu’ils faisaient, mais honnêtement, je n’en savais que dalle.

C’était une sonnette d’alarme pour moi, j’ai pris les choses en main, je suis allé sur google, fais des recherches, et j’ai trouvé le texte de loi, qui parle des manifestations et attroupements. Et la, j’ai eu peur, vraiment peur, très peur, la peur d’avant ce détail, était compensée par l’adrénaline, mais cette peur la, c’était la peur froide, bleue, on dirait une main glaciale qui te serre les couilles, pas très fort, mais suffisamment fort pour que tu peux pas oublier sa présence, c’était pas une peur brusque, mais une peur progressive, que t as l’impression qu’elle coule dans tes vaines, qu’elle envahit ton corps en partant de tes couilles, et aussi bizarrement que ca peut paraitre, plus cette peur t’envahit, plus cette froideur t’envahit, plus t’as chaud a la tête, rien qu’a la tête. Un moment que je ne suis pas prêt a oublier.

Combien de personnes savaient qu’on pourrait légalement tirer des balles réelles sur des manifestants s’ils ne se dispersent pas après la troisième somation ? Combien savaient que qu’après la deuxième somation, une charge de bâtons était complètement légale ? Combien de personnes savaient qu’inviter des gens à une manifestation avant le dépôt de la demande était paisible de 3 ans de prison ferme ? Combien de personnes savaient qu’en cas d’accord, le ministère d’intérieur désigne un officier de police pour être avec la comite d’organisation pour encadrer les foules ?

Pour la première fois dés le début, je réalisais la gravité des choses, et moi qui se croyait réaliste, pour la première fois je me rend compte que ca peux finir en catastrophe, et je me pose la question, si ca arrive, pourrais-je contrôler la foule ? Pourrais-je assumer les actes d’une foule qui peut facilement être incrustés de policiers en civils, qui insulterait le présidant par exemple (6 mois de prison, je n’ai pas crée la loi, je l’approuve pas mais je dois la respecter) tout casser, et me faire porter le chapeau ?

Je me rappelle d’une discussion privée avec un membre du groupe, qui a proposé de faire chauffer les lycéens, de rue de Marseille et nahj roussya, j’ y étais farouchement opposé, utiliser des gamins de 15 ans, qui ne savent peut être pas en quoi ils s’embarquent serait irresponsable, je me rappelle très très bien de mes mots : « ken we7ed fihom yekel kaf,wela ki yetwa9ef ech bech n9oul l’omou eli tbet tebki 3lih, et si ca arrive, je considérais l’opération comme un échec , un énorme échec » et cette discussion, s’est passé, avant de lire le texte de loi, que dire de ma position après l'avoir lu.

D’ailleurs, je n’ai même pas pu continuer à le lire ... c’était trop dur pour moi, et c’était dommage, ca aurait pu nous faire gagner du temps.

Je me rappelle que ma première réaction était de publier sur la page face book les textes des lois, et d’écrire noir sur blanc que je n’invite personne a la manifestation, que c’est juste une information qu’on va présenter la demande et qu’on ne sera que dans la légalité.

Les premières réactions ne se font pas tarder, des pseudos trop courageux, ont pris la peine de m’envoyer des messages : « tu t’es dégonflé c’est ca ?» « Amn dawla kalmouk, 7afthouk darssek ?» etc.

Ce genre de commentaires m’a confirmé qu’ entre le réel et le virtuel y’avait un monde, et on est tous « feress Baghdâd » derrière un pseudo, ils étaient ou ces chevaliers, ces révolutionnaires quand il a fallu signer ? On était combien à assumer un risque réel ? 2 ?4 ? 10 ? pas plus, ils étaient même capables d’écrire un message avec un vrai nom et prénom, avec une identité, d’assumer, d’être responsable, vu qu' enlever l’anonymat impliquait automatiquement la responsabilité, viennent a moi, me donnent des leçons, et me montrent comment faire, c’a ma pas frustré, ca m’a fait rire, je l’ai toujours su, et ca n’a fait que réconforter ma position men « ch3oub l’internet ».

Cet incident a fait que je pense de plus en plus : je ferais ce que j’aurais a faire, pour moi, MES droits, celui qui veux ces mêmes droits n’a qu’a ce joindre a moi,me suivre en REEL, celui qui veux se cacher, ne mérite même pas ces droits et je ne plongerais pas pour lui.

Donc, pour revenir a cette histoire de « demande », on avait un brouillon, des changements à faire, demain c’est samedi, on a rendez vous en centre ville pour faire le dépôt, et ce vendredi la,j'ai rien pu manger, la nuit était si longue, si froide, en plein moi de mai.. a partir de demain, "thnigs will never be the same again".

الثلاثاء، 12 أكتوبر 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma verite a moi. (partie 1)

Avant-propos :

Ce qui suit, est un témoignage, personnel, qui n’engage que moi, qui ne représente que ma vision des choses, il est a prendre avec pincettes, vu que je ne connais pas toute la vérité, et pire encore, je sais pas la formuler, ce qui suit parle de nhar3la3ammar, avec le recul et la vision, de un parmi ceux qui ont fait la première ligne et étaient au front, je ne prétends pas que je ne vais peut être pas me tromper, mais je sais que je serais sincère, et que je dirais les choses comme je les voyais, a l’époque, et avec le recul.

Mon récit, n’est pas un règlement de compte, n’est pas et ne pourras pas être objectif, y’a eu –de ma part- beaucoup d’émotion, de peur, d’espoir, de joie, trop de sentiments dans cette « aventure » pour être neutre.

Dans ce récit, je vais citer des noms, celui qui a une objection que son nom paraisse, n’a qu’a le demander, et il sera immédiatement remplacé par un pseudo.

Ce récit, ne représente pas les avis et positions des gens cités, ni du groupe nhar3la3ammar, mais uniquement mon point de vu, ma perception des choses avec le maximum d’objectivité possible.

Toute personne, souhaitant apporter un avis, une correction, ou un témoignage est la bienvenue, une seule condition, il parle avec son nom, et si il cite quelqu’un d’autre, son message ne sera publié qu’après l’accord des personnes cités.

Contrairement aux autres articles de ce blog, il est interdit de modifier ce qui va suivre sans autorisation de l’auteur(vu qu’il comporte des noms d’autres personnes), mais l’utilisation, la publication, la citation est libre, sans obligation de nommer ni l’auteur ni la source, même pour des fins commerciales (LGPL).

Cet avant-propos s’applique a tout le témoignage même s’il est reparti sur plusieurs parties.

Qui étais-je avant le 22 mai :

J’étais ingénieur chez Telnet Tunisie, plutôt bien payé, je passais mes journées a concevoir et tester des routeurs, marié, et père d’un jeune homme, n’ayant pas de rapport direct avec la politique, ni en Tunisie, ni ailleurs, j’étais incognito, et cette « non existence publique » me donnait une énorme liberté.

Cette liberté, me permettait de respirer, surtout sur facebook, ou j’écrivais, avec mon nom et prénom, photo et ou je travaille, de dire que je suis pas content, de parler des « trabelssya », des élections, de l’injustice, du chômage, de la liberté d’expression, j’étais un opposant, mais s’opposer est un trait de caractère chez moi, mon héro n’était pas batman, mais plutôt donquichotte, donc je m’épanouissait a dire très librement et très ouvertement ce que je pense, et c’était plutôt coool, je ne suis personne, la police s’en fou, je ne suis personne tout le monde s’en fou, et ca m’arrangeais, je pouvais être vulgaire et grossier si je le veux, adhérer a des groupes, signer des pétitions avec ceux qui signent, suivre les news syndicales, partager les vidéos de zouhaier makhlouf, les videos du bassin minier, ou de propager les infos des grèves de faim des étudiants, et comme tout le monde s’en fou, j'y trouvais mon compte.

J’ai jamais été blogueur avant, le cercle du blog tunisien me paraissait opaque, comme un groupe très fermé, très select, une oligarchie, une secte avec des gurus, des gens qui se connaissent, même personnellement , qui ont leurs querelles, leurs clans, leurs ententes, avec des « cyber dissidents » (je me demande quand ils ont été élus, j’étais pas au courant), ou il faut être parrainé, et prendre l’aval pour certaines actions..

Je n’étais dans aucun parti politique, je voyais que le seul parti professionnel et qui faisait de la politique, était le RCD, et je voyais qu’il était pourri, les autres partis sont de gauche, et moi, je crois en dieu,la violence, le totalitarisme de masse, les tabous c’est pas trop ma soupe, ne restait que nahdha, et ca ne me convenait pas, vu que la foie est personnelle et la politique est publique (de mon point de vu).

Je n’aimais pas la police, , j’avais du mépris et une haine profonde pour tout ce qui est police, non, pas uniforme ou ordre mais police, j’ai eu plusieurs mésaventures avec eux, vu que j’habitais un quartier populaire, je prenais les transports en commun et je savais pas fermer ma gueule ou marcher tète basse.

Et « na9roud » alors, et les élections avec Ben Jaafer ?

J’ai connu Cheker aoudhi et Nejib Dziri, en 2000, je me préparais a passer mon bac au lycée pilote de Tunis, un ami a moi, un ami d’enfance et un voisin, a déjà réussi son bac et était a la fac des sciences de tunis, il a connu Cheker et sa troupe, et on est devenu amis.

Jusqu'à aujourd’hui je suis ami personnel avec Cheker, Najib, Wadi3 et plein d’autres, on était « awled 7ouma », on buvait ensembles, on jouait au belote ou au « noufi » ensembles, et j’ai découvert pour la première fois de ma vie « la politique ».

J’ai jamais été d’accord avec eux, d’ailleurs quand ils m’ont présenté, une soirée d’été en 2003 ou 2004 a Taher Gargoura, c’était le clash immédiat, je savais pas fermer ma gueule, ni montrer le respect qu’il fallait, j’ai même était blessant et impoli, en le traitant de « ignorant qui vient donner des leçons aux autres, qui vient leur gâcher leurs vies en injectant la haine, parce qu’il a gâché la sienne, vu qu’il n’a pas de diplôme universitaire », ca a failli tourner au drame, et je me rappelle très bien de mes mots : « je ne comprends pas pourquoi vous faites de ce monsieur votre Dieu ou votre dictateur, pour dieu, y’en a bcp mieux, pour le dictateur, on en avait déjà, et il pouvait pas faire mieux , et que son blablabla des classes et de la bourgeoisie, durant toute l’histoire, la ou il a été pris au sérieux n’a mené qu’a la misère, la frustration et aux massacres».

Cet incident passé, j’ai gardé un excellent contact, avec « la troupe », j’écoutais leur récit, j’étais pas d’accord ni sur les buts ni les moyens, eux n’ont pas cherché a me recruter, et moi je leur rendais service quand je le pouvais.

Pourquoi je parle de ca ? après le 22 mai, pour la police, pour beaucoup j’étais un « na9roud » qui travaillait pour Taher Gargoura.

Si j’étais « na9roud » j’en aurais pas honte, mais je le suis pas, donc je tenais a éclaircir ce point dans ce temoignage.

En 2009, l’ami qui m’a présenté Cheker, qui était plus impliqué que moi (moi j’étais qu’une grande gueule qui dis ce qu’elle pense, sans chercher a convaincre qui que ce soit, qui n’aimait pas le foot, et avait donc besoin de s’exprimer, sinon il suffoque) me propose de se présenter aux élections législatives.

On se voit, un petit café, et il me nomme 4 personnes qui sont intéressés, je les connais, « awled 7ouma », il me précise qu’on va porter le nom du forum démocratique pour les libertés et le travail même si on est une liste indépendante, et qu’on le fait plus pour le fun et la curiosité, pas d’ambitions réelles, j’accepte, on se présente, notre liste est rejettée (mais ca c’est une autre histoire), et vu comment on nous a accueilli, traité, et puis rejeté la liste, j’étais déçu, blessé, humilié, et j’en voulais a la Tunisie, en plus, tout de suite après, on m’a censure mon profil Facebook.

Donc voila, AYARI Yassine et la politique / vie publique avant le 22 mai.

La manifestation , ca a commencé comment ?

Non, la manifestation n’était pas mon idée, non c’était pas mon action, je ne suis apparu qu’a la fin, un pure jeu de hasard. Je pense que tout le monde se rappelle de l’énorme vague de censure qui s’est abattue sur le web tunisien en avril/mai 2010, ben au départ je n’étais qu’un furieux parmi d’autres, je le mettais clairement sur mon profil facebook, je partageais sans gène, les videos qui ridiculisaient le censeur, jusqu'à ce que la pétition des 10000 tunisiens contre la censure apparaisse, menée si ma mémoire est bonne, par la cyber dissident, mystérieuse et énigmatique « liliopatra ».

Comme beaucoup d’autres, j’ai signé, puis, tout s’est accéléré, il y’a eu le slogan « sayeb sala7 » et on commençait de parler d’une manifestation.

Sur le mur de cette action, on discutait, il fallait des volontaires qui se présenteraient pour signer la demande d’attroupement, et la ,devant « tharben lougha w tbahniss » de quelques uns, comment on fait tous la grande gueule derrière des pseudos (d’ailleurs y’avait beaucoup plus de pseudos que de vrais noms), j’ai regardé, et j’ai tape un message « li (parlant de liliopatra), il en faut 2, je signe toi et moi ? ».

Aucune réponse sur le coup, mais le lendemain matin, je reçois un coup de fil d’un numéro que je ne connaissait pas, c’était « li » a l’appareil, elle me parlait avec des symboles, des phrases tordus, en disant qu’elle a déjà donné mes coordonnes, a « quelqu’un », que je vais être contacté prochainement, pour signer la demande, elle a utilisé ces mots « we7ed rajel w b galbou », ca ressemblait plutôt a une séduction, et mise au coin a deux balles, je lui ai bien expliqué, que je voulais pas être contacté par qui que ce soit, et que si c’est elle qui signe, ca ira pour moi, sinon pas la peine, elle m’a explique qu’elle en étant « cyber dissident » va partir en suède très prochainement, avec une organisation qui entraine les « cyber dissident » et qu’elle ne voulait pas d’embrouilles, et quand j’ai demande quel genre d’embrouille était possible, elle n’avait plus ni crédit, ni charge, ni réseau.

Le soir même, j’étais contacté par « delle3a », je n’avais pas confiance, je la connaissais pas, d’ailleurs je connaissais presque personne dans la sphère politique ou activiste. Je n’avais pas confiance, j’étais plutôt grossier, et j’ai pas aimé le ton supérieur avec lequel elle me parlait, et j’ai refusé de discuter avec elle, jusqu'à ce qu’elle donne son vrai nom et prénom. C’était amira yahyaoui, comme je suis admirateur du courage de son père, on a pu discuter, et entre les lignes, j’ai pu facilement lire, que j’étais un cadeau, une offrande de « li » a amira qui s’étonnait même comment « li » ne m’as pas briffé et ne m’as pas donné l’ordre du jour ! et quand j’ai commencé a poser des questions, elle s’est étonné, et m’a demandé si j’allais me dégonfler et LA laisser tomber, on dirait qu’elle parlait de cette manif comme d’un objet personnel.

J’ai appris par la même, l’existence d’un groupe de discussion google, et que je suis déjà dedans ! et qu’on m’a demandé la permission de citer mon nom comme celui qui allait signer, et que j’ai accepté, chose qui n’étais pas vraie, amira était victime d’un phishing, on lui a envoyé d’une adresse bidon, en disant que c’était moi.

Il faut dire que cela ne me gênait pas, j’ai toujours fait ce que j’ai a faire dans la lumière, avec mon nom prénom, je ne me suis jamais caché, ni derrière un pseudo, ni un faux profil, ni derrière quelqu’un.

Et la, dans le groupe google j’ai découvert l’orchestre, l’équipe, le team, je connaissais personne, mais je m’en foutais, j’étais persuadé que je faisais « the right thing », je m’en foutais si quelques uns étaient « protégés », si d’autres « avaient un agenda », et je me suis persuadé que moi, je le fais pour défendre MES droits, donc si je plonge, ca sera parce que j’ai défendu MES droits et rien que MES droits, pas les buts d’autres personnes.

J’ai appris que Sofiene Chourabi et une autre personne (qui m’as strictement interdit de citer son nom, et que je vais appeler tout au long de ce témoignage MBL) allaient signer, mais vu leur engagement politique, il était préférable, pour que l’action ne soit pas récupérée, que les « têtes d’affiche » ne soient pas politisés, argument qui m’a convaincu a l’époque. Donc pour signer, c’était moi et une ado de 19 ans, qui s’est porte volontaire, et que « li » n’a pas eu pitié de son âge ni de son immaturité ni de son désir d’être « hero for a day » pour la présenter comme offrande elle aussi, d’ailleurs, on ne parlera plus de « li » car pour elle, c’était mission accomplie, elle ne participe plus a rien, elle ne fait plus partie du groupe, elle a disparu !

Tout au long des discutions, j’ai remarqué, qu’il y avait, grosso modo deux visions, celle des gens a Tunis, qui était plutôt pessimiste, plus réaliste (a mon gout) et plus pratique, et celle principalement des « parisiens » qui était plus radicale, plus violente.

Y’avait aussi un sujet tabou, la question : au pire qu’es ce que je risque.

Tout le monde ou presque, évitait la réponse, en utilisant des formules pas claires : on ne sait rien, peut être que c’est grave.. histoire juste d’avoir la conscience tranquille.

Jusqu'à ce moment, j’étais celui qui a le plus a perdre (un père dans l’armé, une femme qui travaille dans l’étatique, un fils, et le boss de la société ou je travaille, est le vice président du conseil de machin je sais pas quoi des télécoms), le moins protège, celui qui a le moins d’expérience.

On se réunit un samedi aprem, on boit des verres, et je pose un vito contre la deuxième personne qui est supposé signer avec moi, un veto ferme, vu son âge. Veto plutôt bien accepté par le groupe.

A ce moment la, je rencontre azyz, il a fait une entrée fracassante, un ton ferme, et un leadership, j’ai rencontre aussi amel et chiheb, wala et d’autres, que l’alcool de cette soirée m’empêche de m’en rappeler, je suis pas sur si j’ai oui ou non rencontré slim amemou ce soir.

Juste après ce meeting, le « clan » de Tunis, des gens sur le terrain, ont décidé, que vu que ce sont eux qui risquent le plus, ben c’est a eux de prendre les commandes, comme dans une entreprise, celui qui donne plus d’argent, a plus d’actions, et c’est lui qui décide. Le clash était inévitable.

Le premier clash, était entre amira et sofiene, ils avaient un historique, se supportaient pas trop, et avaient un problème de leadership, sofiene a préféré se retirer calmement.

Le second clash, était entre moi, et le clan de paris, j’ai arrêté d’observer, et j’ai commence a agir, et comme je sais le faire : direct, vulgaire, grossier, violant, agressif, ferme et non négociable. J’ai imposé qu’on interdise les pseudos, si moi je risque mon cul, avec mon nom et prénom, y’a pas de raisons que d’autres utilisent des pseudos, j’ai exige que ce sont les gens de tunis qui décident, que la manifestation de tunis est la plus importante, les autres a l’étranger, ne sont la, que pour lui donner de l’ampleur, que non, on ne contacte pas les medias (du moins le groupe de Tunis) et on ne s’attire pas les foudres du système, que tout doit être 100% dans la légalité, on utilise le vote pour les décisions et en cas d’égalité, le groupe avec le plus de membres qui sont a Tunis l’emporte, et pas de violence et personne ne doit prendre même pas une gifle. Pour les « parisiens » c’était presque un hold-up, un coup d’état, c’est leur idée, leur vision, c’est eux qui ont tout fait jusque la , et voila un inconnu, aucun « passé », un « pion » vient leur voler leur œuvre.

L’intervention des deux docteurs du groupe, tarek kahlaoui et nabil farhat, a été déterminante, pour que le groupe ne part pas en éclats, ils ont remplace ma vulgarité et mon agressivité par des arguments, et ont su exprimer mieux que moi ce que je voulais dire.

Pour ne pas dire de bêtises, je suis incapable de donner un ordre chronologique clair pour la semaine qui suit, mais tout ce qui compte, est que j’ai vu beaucoup de monde, et dans le bar Jamaica, je discutais avec Slim et Aziz, et Slim se porte volontaire pour signer avec moi, on se ressemblait trop, les deux informaticiens, les deux mariés avec un gosse, les deux n’avons pas de passé politique, les deux on a dépassé l’adolescence, les deux on avait un travail stable et une bonne situation, pour moi c’était rassurant, la partie manquante du puzzle est la, les choses très sérieuses pouvaient commencer.

الجمعة، 8 أكتوبر 2010

3lech me n7ebech NA7ki, .Net

La première fois quand on m’a filé le lien de a7ki.net, j’a tout de suite pensé a un truc communautaire, un agrégateur, une sélection d’articles parus sur des blogs, un kafteji new look, ou un Takriz 2.0 (je parle du groupe FB). j’ouvre, ému, la main tremblante, presque les larmes aux yeux, une sorte de brouillard sur l’écran, mon cœur bat de plus en plus vite, des bouffés de chaleur, je retiens ma respiration, ca charge, putain ca charge, une lumière soudaine, tres forte, je ferme les yeux, j’entends mon cœur battre de plus en plus fort, je sens que le monde tourne, de plus en plus vite, ca tourne..La lumière se dissipe progressivement, j’ouvre les yeux, ca s’ouvre oui putain ca s’ouvre... et, et, et, et que trouve ai-je ? putain ca tourne toujours, j’ai l’impression que je tombe, de haut, j’ai le vertige, je tombe, ca s’accélère, on dirait que c’est un puits profond, très profond, mais merde, c’est pas une impression, je tomber vraiment, et de très tres haut : on dirait que je suis a la vieille médina de Kairouan, plein plein de 7ssayer(pluriel de 7ssira), barcha 7ssayer, 9bel jeme3, même pas une plaque (hetha el jeme3 youbna life2datik f 7afeth 3layh, ma3ahou bada2na w ma3ahou nouwassel, entile9 el achghal 34 choubat/yeneyer 13456 w besghir melouta tamwil el bank el europi) même pas ! Juste el 7ssayer : Des espace de pub (ferghin a l’époque, first Day, maintenant macha2allah, ils sont bien remplis, et ils sont très bien visibles, trop visibles, naf5an de visibilité, 1/3 de la page d’accueil, et a coté en plus, soit disant partenaires, ou liens).

3 jours plus tard, je me suis dis, regardons le contenu, j’ouvre, avec un espoir que vu la quantité de la pub, ils sont bien sponsorisés, donc ils peuvent mettre un contenu de qualité (oue, nos intellos, universitaires, sociologues tunisiens, ca coute cher), Que trouve ai-je ? Ben que des articles qui sont écrits pas des gens, normaux, comme moi, qui racontent tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi), mais rien de spécial, pire encore, je trouve que ca n’a aucun intérêt.

Ce n’est pas par rapport aux articles eux-mêmes, ni par rapport a ce que les gens écrivent, au contraire, j’ai beaucoup ris sur l’histoire de ragheb alema, j’ai relis 3 fois l’article de majdi calboussi, mais ou est donc l’intérêt tout compte fait ?

C’est le genre d’articles qu’on peut trouver sur des blogs, sauf que ce n’est pas un blog. Un blog c’est une suite d’articles, de coup de gueules, ca reflète une personnalité, une manière de voir les choses, une suite cohérente même dans son incohérence, ca a une âme, qui se reflète même dans le choix des couleurs, un blog permet de tisser un lien, de découvrir des facettes d’une personnes, ses ides, ou les seules limites sont l’imagination, la créativité, le talon et 3ammar 404 !

A7ki.net est un « truc » modéré, comme si la censure de ATI ne suffit pas, comme si l’autocensure ne suffit pas, il faut que ce qu’on écrit soit correct, accepté, et va chercher le niveau, l’idiologie, de celui qui va se permettre de censurer, modérer un article, mais c’est a la limite normal, vu que le but de ce site, est de ramasser le max d’argents, donc on peut pas publier n’importe quoi qui peux agacer les euuuh disant partenaires qui payent les bannières.

Et la, c’est bayt el 9assid, le clitoris du sujet : l’argent.

Si j’ai bien compris, un certain monsieur, ou un groupe de gentils monsieurs, nourri au rêve américain (glande rien, et tu seras riche), des smart-ass, ont la très bonne idée de faire un petit montage, un minimum d’effort, et bcp d’argent. Comment ca se passe ?

On achète un nom de domaine pas cher, on prend 2 ou 3 stagiaires, ils me font un site, j’engage un webmaster en SIVP, et c’est tout, le reste, des gens vont écrire, mettre le fruit de leur réflexion, et moi je vends ca, et je me fais un max de fric, et comme celui qui se fait publier, est si fier, ben il va faire de la pub, et pousser les gens a visiter le site (génère du trafic donc du fric) et a écrire, et quand Aziz ou Majdi me demandent d’aller voir, me disent qu’ils ont posté, que c’est bien, ben j’irais a 100000% et rien que parce que c’est eux qui me le disent me fera l’effet qu’aucune pub au monde (même pas Adriana toute nue avec #a7ki sur son pubis bien épilé, qui viens me réveiller le matin) ne réussira a me faire.

Gagner de l’argent, c’est bien, mais de la, a n’apporter aucune nouveauté, leurrer les gens en leur faisant penser que c’est un site communautaire, modérer en plus, ca, ce n’est pas bien, c’est caca, c’est boudin, e55a ! ca change quoi par rapport a babnet par exemple?

Ca rapporte de l’argent ? Mon article rapporte du trafic ? vous n’êtes pas bénévoles, ben, y ‘a pas de raisons que je le soit ! payez moi, d’une manière claire et transparente ! mais comme c’est fait maintenant, c’est plutôt , comme font les putes : tu me baise, je prends mon pied, et tu me paye en plus, tu fais tout, tu te casse le cul, tu me donne gratuitement le fruit de ton imagination, et moi je me fais payer en plus, comme si wikepedia vendait de l’espace pour les articles : hey p’tit con, tu veux que ton nom paraisse dans wikepedia, casse toi le cul a faire un excellent article, et paye moi, 1 centime le caractère !si c’est pas le foutage de gueule ca, ben moi je peux transformer l’eau en vin alors, et appelez moi Jésus !

Donc voila, pourquoi, si je veux « na7ki » je le ferais dans un blog, dans une note FB, ou dans mon cahier, ou y a déjà tellement de 7keyet.et ou personne n’abusera du fruit de mes pensés, personne ne se fera de l'argent sur mon dos, et personne ne se permettra de me censurer (sauf 3ammar 404, 7ami el 7ima w din national)