الثلاثاء، 9 نوفمبر 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 15)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Flash mob:

A mon niveau, je ne sais pas trop comment ca s’est passé l’histoire du flash mob, deux vidéos de flash mobs, un fait par des élèves du lycée pilote de Tunis, l’autre par un groupe a Sidi Bou, ont mis la puce a l’oreille. Il n’y a eu de « légères discutions » dans le groupe, mais rien de concret.
A cette époque je me préparais à rentrer en Tunisie, Tarek est déjà en Tunisie.
Le jour même du flash mob j’apprends, je découvre, comme tout le monde presque.
J’ai su que c’est avorté, mais sans trop de détails, les détails je vais les avoir, a Tunis, de Tarek.
J’ai regardé aussi la vidéo de Al Jazeera ou MBL a parlé du flash mob, et la j’étais sur le cul. J’étais très énervé suite a ce passage, de un MBL ne parle pas bien, de 2 Tarek était a Tunis et aurait pu faire 1000 fois mieux mais surtout parce que la vidéo qu’Al Jazeera a passé, était celle d’un autre flash mob (vieux de deux ans, a Sidi Bou), et Al Jazeera a sous entendu que ce qu’elle diffusé est ce qui c’est passé, alors que c’était faux faux faux archi-faux, et j’aurais pu supporter n’importe quoi, sauf un détail qui touche a la crédibilité.
Le journaliste d’Al Jazeera enchaine avec les journalistes emprisonnés, et MBL le suit. Je n’ai rien contre la cause de ces journalistes, mais je pense que si MBL veux parler de ca, elle n’a pas a utiliser le nom de « nhar 3la 3ammar » mais son propre nom, que ma cause est la censure, et que ma méthode, une cause a la fois. Donc si le présentateur de Al Jazeera la piégé, elle ne devrait plus passer  vu qu’elle se fait si facilement piéger, et si elle était complice, elle ne doit plus passer et parler au nom du groupe.
Dans 3 jours je rentre à Tunis, je prends mon mal en patience.
Le lendemain, MBL fait un appel au secours, une alerte a malibu, elle est au centre ville et poursuivie par, pas un, pas deux, mais 10 policiers en chair, en os et en civil, et elle demande qu’on se demerde pour lui envoyer une voiture et la sauver !
Bon, puisqu’on à pas parlé de MBL même suite a l’intervention à Al Jazeera, ce n’est pas grave, elle trouvera un moyen.
Moi ca me fait rire, car 10 policiers en civil , pour une seule personne, qui selon elle, est intouchable , et qu’une voiture sauvera, me parait vraiment drôle, comme si la police voulait l’avoir, une voiture aurait change quelque chose ! (bon  , j’ai appelé Batman, mais la Bat mobile est sans vignettes, il n’a pas pu venir), Hana m’a dit qu’elle l’a harcelé et qu’elle aussi ne croit pas trop a cette histoire, mais « hay bch te5ouha 3le 9ad 39alha », et tout compte fait 10 policiers b tamem wal kamel, n’ont rien pu faire a MBL, elle a pris un taxi, rentré chez elle, même pas un seul cheveu qui manque !
D’ailleurs cette histoire me rappelé une autre, MBL a crié sur tout les toits que suite a « nhar 3la 3ammar », qu’on l’a pas payé ni renouvelé son contrat a l’université, j’apprends par un pur hasard, deux mois après, que c’était par sa faute, et dés que son dossier était complet, elle a eu son argent, et son contrat, et elle enseigne maintenant, mais ca, elle a juste « oublié » de le dire, ou presque, contrairement aux premières accusations.
Je ne défends pas le régime, je sais, qu’il peut le faire, qu’il a fait pire, mais de la a inventer des histoires, de se refermer dans le cercles des lamentations,  juste pour récolter de la sympathie, ou juste pour parler de ma personne comme « chahid el 7oreya », me parait contre productif, ingrat en vers ceux qui payent le vrai prix, menace la crédibilité, renforce le cercle de la peur, et envoie un message très négatif de toute action citoyenne : c’est contre le sens même et la philosophie de « nhar 3la 3ammar ». Et quand par malheur j’ose en parler ouvertement au sein du groupe, MBL réagit, et je deviens (encore !) bouliss et na9roud.
Les membres du groupe réagissent en privé pour me dire qu’elle est comme ca, réactionnelle, sensible, fragile, bla bla bla, comme si le groupe fait dans le social ou dans la psychologie.
Je suis sur Tunis, plein plein plein de papiers à préparer, le Ramadan est la, Tarek m’appelle, on se voit.
C’est la première fois qu’on se voit physiquement. Il ne diffère pas trop de l’image que j’ai de lui, on discute du flash mob, il m’explique, que le secret a été brisé malgré toutes les précautions, que la police les attendait a la station du TGM, que les gens qui se sont déplacés ont été insultés, humiliés, refoulés par force et obligés à remonter au TGM, que les policiers était violents et vulgaires (comme si il pouvait être autrement). On parle du futur des actions, et on parle des politiques,  politiciens, partisans.
Sa pensée rejoint la mienne :  les jeunes partisans, sont une force qu’on a ignoré, dont on avait peur, mais si ils adhérent a la cause, et acceptent nos méthodes « molles », et respectent notre ligne directrice, ils apporteront au mouvement un moteur a réaction.
Il défend MBL. On se quitte avec la promesse d’un autre RDV, chose qui sera faite quelques jours plus tard. Mais pour ca, y’a un autre épisode.

الاثنين، 8 نوفمبر 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 14)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.
Sayeb Sala7 II:

Sayeb Sala7 II naquit d’une discussion, on voulait continuer, exploiter la charge émotionnelle que Sayeb Sala7 a suscité, passer un message positif et de continuité, tout en respectant notre ligne directrice : légal, ne fait pas peur, très facilement mediatisable, sans dégâts, et le censeur perd beaucoup plus si il réprime que si il laisse faire.
On parlait de justice, et de 1000 plaintes en même temps (oui, l’euphorie et l’optimisme suite à Sayeb sala7 étaient bien présents), mais on n’avait pas les compétences nécessaires.
On en a parlé avec Azyz, Mehdi Ben Jemaa qui est assistant en droit public, et au fil des discutions, l’histoire d’envoyer des lettres aux députés prend forme.
J’étais sur excité, cette proposition a mon gout était parfaite, et je pensais secrètement – a l’époque – qu’on aura pas moins de 5000 lettres, et que trouver deux nouvelles « têtes d’affiche » ne sera pas difficile, vu que ni moi ni Slim ne voulaient se transformer en symbole surtout que le message subliminal de Sayeb Sala7 était, que tout le monde peut le faire et sans dégâts !
Je n’ai pas voulu en parler de suite dans le groupe, vu que j’ai vu le sort des autres propositions : on en parle, on en parle et on oublie, j’ai rédigé une lettre type, j’ai cherché les textes des lois, et j’ai posté en même temps, la proposition ainsi que la lettre exemple et l’adresse de majless nouweb pour que ca soit du concret.
Les choses s’accélèrent, il était impératif pour moi de faire vite, de un, les vacances parlementaires approchent, de deux, je vais quitter la Tunisie pour venir travailler en Belgique, et je voulais absolument que ca se fait alors que je suis en Tunisie, notre message : on peut le faire a Tunis doit pouvoir passer.
Une chasse a l’homme commence, ainsi qu’une déception amère et progressive, parmi tout ceux qui étaient enthousiastes et prêts a tout suite a Sayeb Sala7, et malgré toute l’énergie que j’ai dépensé, non pour convaincre mais pour expliquer (a mon gout, ce genre d’actions, de prise de positon doit venir d’une conviction profonde et spontanée, non d’une persuasion ou intimidation), personne ne voulait faire le vidéo pour être la tête d’affiche de Sayeb Sala7 II !
Donc Sayeb Sala7 était un échec ! Le message positif n’était pas passé, tout le monde est content de regarder juste regarder,  tous les risques et pressions que nous avons prises et subits étaient donc inutiles ??
Slim, depuis qu’ila décidé de se retirer, n’a pas donné signe de vie, moi, sur un plan professionnel, j’ai déjà démissionné de mon travail, une longue négociation commencée des mois plus tôt pour travailler en Belgique vient d’aboutir, et une discussion avec Nejib Dziri me met la puce a l’oreille.
C’était un mercredi après-midi, au centre ville, on se voit, il était avec sa fiancée, on parle.
Il me dit que contrairement a tout les autres, lui il me conseille vivement d’arrêter et de m’estimer chanceux que tout s’est bien passé, et que le régime ne me permettrait jamais de devenir un symbole, et que si ca serait suivi, ca sera un embryon de 6 avril tunisien, et la, la répression sera énorme, la chance du débutant marche une seule fois.
Je lui pose la question : pense tu que j’irais en prison, juste parce que j’ai envoyé une lettre a un député, ils m’accuseront de quoi ?
Il me répond que ca ne se passe pas comme ca, tu traverse la rue, un policier t’arrête, te demande tes papiers, puis il met sa main sur son œil, 5 autres policiers arrivent, te cassent la gueule parce que t’as agressé un pauvre policier, et on t’embarque pour ca, et on n’aura pas de problèmes à trouver des témoins et a t’envoyer en prison dans un procès équitable.
J’ai trouvé de la logique en ce qu’il disait, d’autant plus, et sans en arriver la, si juste on m’empêche de partir, j’aurais beaucoup de mal de trouver un travail en Tunisie, non pas parce que « de5ileya » fera pression sur les employeurs potentiels, mais surtout que l’histoire de Sala7 a eu un grand écho dans le domaine des IT, et chaque patron tunisien dira : «  Blabzi, a5tani menou ».
Tout cela en tête, et aussi bizarrement que ca puisse paraitre, je n’ai pas laissé tomber, suis-je entre dans une fuite vers l’avant ?
Je commence à désespérer de trouver des têtes d’affiches, la date approche, la lettre type est revue et corrigée, la date de mon départ aussi.
Comme un Messie, Azyz apporte la solution, il m’appelle et me dis que Slim est intéressé et qu’on va se voir les 3 ce soir.
On se voit, on parle, pas trop de bla bla bla, du concret, samedi matin on se voit, on fait la video, on envoie. Ainsi soit-il.
Samedi matin, Biwa, on écrit nos lettres, on fait la video, et je pense que celui qui était le plus tendu, était Azyz.
On poste les lettres, la video est prête, mais elle ne sera pas lancée le jour même.
Mon départ était prévu pour le lendemain 7h du mat. Je leurs demande de ne la poster qu’âpres mon départ. Ce n’était pas pour échapper a n’importe quel le éventuelle merde, de toute façon j’allais revenir 15 jours plus tard pour des papiers, et si ca merde, j’assumerais ma part, mais pour  pouvoir partir et au moins signer mon contrat.
Dimanche après-midi je regarde la video comme tout le monde sur Facebook.
Je commence à attendre et a revoir mes estimations de nombre de lettres a la baisse... entre ceux qui se défendent et essayent d’expliquer pourquoi ils ne vont pas envoyer leur lettres alors que personne ne leur a demandé quoi que ce soit, et ceux qui disparaissent alors que personne ne les a cherché, j’ai eu toute sortes d’excuses. Entre ceux qui ne reconnaissent pas le parlement, et ceux qui ont un proxy, et ceux qui pensent que les parlementaires n’y peuvent rien, toute excuse était bonne pour échapper a la responsabilité, mais avez ils besoin d’une excuse ? j’ai peur est si difficile a dire que ca, suis-je étrange et bizarre parce que j’arrive si facilement de dire que j’ai peur ?
 le mot clé est responsabilité, quand il s’agit de regarder et de parler derrière un pseudo, on est tous des héros, mais quand il faut utiliser son nom et prénom, qu’il faut se déplacer, meme dans un cadre complètement légal,  la on trouve des excuses ! et depuis le 17 mai, je commence pour la première fois a penser que Sayeb Sala7 était un cuisant échec, du moins au court terme, et que si le message du Néo-Nidhal, que tout le monde peut le faire, qu’on peut être citoyen, responsable, combattre pour ses droits d’une manière légale, mediatisable et continue est possible a Tunis n’est pas passé, et contrairement a ce que j’attendais, c’était pas ceux qui ont fait le plus de bruit lors de la première action qui ont réagis, mais c’était des autres messieurs tout le monde qui étaient responsables , des Ons Messadi, des Slim Soussia…
Y’en a ceux qui ont « envoyé des lettres » mais n’ont pas filmé, photographié ;) , y’en a ceux qui ont envoyé des lettres sans leur nom, pour fuir la responsabilité. Il y’en a eu, si ma mémoire est bonne, une cinquantaine de lettres.
J’ai eu la preuve aussi, que tout l’orage qui a était causé par l’histoire de apolitique lors de la première action, était un orage fictif : la deuxième action n’était pas apolitique, mais combien de partisan ont envoyé leur lettres ? Pas nombreux, car apparemment pour eux, il y’a une seule manière de militer : remplir les prisons, et même si ca n’a pas marché depuis 20 ans (qu’a remplir les prisons), ben tan pis, ils continuent.
Ma déception relative a Sayeb Sala7 II, associée a d’autres raisons expliqués dans les précédents épisodes, ajoutée a des raisons personnelles et ma conviction que si on veut faire quelque chose, c’est a Tunis que ca doit germer et je n’étais plus a Tunis, j’ai décidé de quitter Facebook, chose faite.
15 jours après, je suis rentré en Tunisie, on ne m’a pas inquiété, et je n’ai eu aucune information que n’importe qui, parmi ceux qui ont envoyé leurs lettres a été inquiété, sauf Mme S(vivant et habitant en France), qui m’a informé que la police a contacté ses parents en Tunisie, pour lui dire « bech trith ».
Les discutions niveau groupe, après sayeb sala7 II n’étaient pas si abondantes, il y’a eu un calme, un calme qui continuera jusqu'au Flash mob avorté. Mais ca, ca sera dans le prochain épisode.

الجمعة، 5 نوفمبر 2010

احتفالات السّابع من نوفمبر: 404 نوط فاوند

http://www.facebook.com/event.php?eid=154234117953424


لن نحتفل ما دام الحجب موجود .. على خاطر عندنا مدّة نندّد بحجب المواقع و المدونات و صفحات الفايسبوك و ما سمعنا حدّ و ما إهتمّ بينا حدّ و لذا قرّرنا باش نحجب السابع من نوفمبر و نخليه نوط فاود.. مشرفي صفحات الفايسبوك الكلّ مدعوّون لحجب كلّ مظاهر الإحتفال و تعوضها بصور تندّد بال 404 نوط فاود الي يهدّد في كل صفحة و في كلّ مدونة و في كل موقع..



الخميس، 4 نوفمبر 2010

Manif 22 mai, les dessous des cartes, ou ma vérité a moi. (Partie 13)

Avant-propos :

L’avant propos de la partie précédente s’applique également a cette partie ainsi qu’aux éventuelles parties suivantes.

Politiques et politiciens :

Je m’excuse pour le retard, mais je n’avais pas une minute à moi, vu que malheureusement il faut travailler pour payer ses factures, surtout avec un paquet de cigarettes a 4euros70 et il m’en faut 3 par jour.
Dans cette partie je vais parler des 4 rencontres avec des activistes dans des partis / organisations politiques que j’ai fait après Nhar 3la 3ammar.
La première rencontre était avec Mr Ahmed FARHAT du PDP, je ne le connaissais pas avant, il m’a tout simplement appelé, le 24 ou le 25 mai, vers 10h du soir, il était très cordial, et il voulait me voir.
J’étais au centre ville, j’ai accepté, et on s’est vu 30 minutes plus tard au café théâtre.
Il faut dire que j’avais besoin de cette rencontre, « 9albi m3ebi ».
Ahmed était souriant, calme, très cordial, contrairement a moi, j’étais « mkachber », agité et a la limite de l’impolitesse.
Il s’est présenté, et on a commencé à parler. Pour lui sayeb sala7 était un signe d’espoir, que la jeunesse tunisienne n’a pas démissionné et ne pense pas qu’au foot comme on veut bien le faire croire.
Dans un élan d’ego je me suis permis de parler au nom de la jeunesse tunisienne (je n’aurais certainement  pas du..), et je lui explique pourquoi la jeunesse tunisienne a donné son dos a la politique, je lui ai dis que pendant 20 ans, qu’a-t-elle fait cette opposition : s’opposer avec des « bayanet »,  avec des « 3amloulna w chadouna w me 5alwnech » ? avec une image négative qui fait peur et ne porte aucun espoir ? avec des « klem s3ib » ? Avec 100000 mots et 0,0000001 actions concrètes sur le terrain ?avec des « 9athaya mouch mte3ou ou il ne s’identifie pas » ? Avec une communication vieille de 50 ans ?  Que si seulement les dinosaures de la politique se retirent (c’est paradoxal, ils demandent que les autres se retirent alors qu’ils sont la eux aussi, depuis plus de 20 ans ! ), laissent faire les jeunes, ca ne pourra qu’aller mieux (impossible de faire pire, même si cette jeunesse ne fait rien du tout).
Il était très attentif, et même dans mon élan plutôt agressif, il n’a pas cherche à m’interrompre.
Je lui ai parlé de la vidéo du responsable du PDP qui est parue le vendredi, je lui ai parlé de l’article de « El mawkef » qui a dis que la manifestation était légale, je lui ai parlé de Iyed Dahmani, qui vendait « el maw9ef » dans la manifestation de Paris photo a l’appui, et je lui ai dis que ca résume pourquoi la jeunesse tunisienne, ne s’intéresse plus a la politique.
Il n’a pas cherché à expliquer, ou pire justifier, il a admis que ca aurait pas du se faire, il n’a pas cherché a me donner des leçons, il a juste écouté.
Il avait un train à prendre, il a failli le rater, on s’est dis au revoir avec le sourire et le respect, sincères.

2 ou 3 jours plus tard, j’ai reçu un appel de Mr Adel Kadri (7ezb el we7da cha3bya), je le connaissais un peu sur FB, mais j’étais un peu sceptique. Je n’étais pas très confortable avec l’idée des parties RCD2. Il était tellement poli et cordial, et intelligent (il a bien compris ma méfiance sans que je dise un mot, et m’a bien expliqué dans quel cadre ca va se faire, qui sera présent, et autour de quoi). J’accepte.
J’arrive, je prends une place, et j’écoute avec la main sur la gâchette : si ca vire vers tbandir ou hazen w nafthan (a mon gout), je quitte la salle avec le maximum de bruit possible, eh ben je me trompais amèrement :  Il y’avait Dr. Hizaoui qui donnait une conférence sur la presse, la liberté de la presse, une conférence « technique » qui parle des lois, des évolutions de ces lois, qui ne se gênait pas pour dire que cette lois doit changer, de critiquer.
Il y’avait plein de monde, Hajji, Khayati, Bounneni et plein d’autres.
La conférence se termine, les gens posent des questions, donnent des commentaires, ils se gênaient pas de parler des problèmes, de censure, de l’harcèlement de la police, de la prison, mais pour une fois, ce n’était pas « chakyen w bakyen » ,c’était des critiques sévères, une image négative mais avec une fenêtre d’espoir.
Je demande la parole, on me la donne et on me présenté comme blogueur. Je n’étais pas très confortable avec cette « étiquette », d’ailleurs je n’étais pas blogueur et comme si il fallait un titre pour légitimer une position ou un point de vu, comme si « citoyen payeur d’impôts » ne suffit pas.
Ma courte intervention a commencé par un lonnnnggg « faddddiiiiiiittttttttttt », j’ai parlé de la censure, de son illégalité, et pour rester dans le cadre de la conférence, j’ai dit que Dr Hizaoui propose de changer les lois, et que j’étais contre, que la première étape est de pouvoir appliquer les lois existantes, ca sert a quoi de faire une loi, qui ne sera pas respectée, ca sert a quoi de faire une loi si l’accuse de réception de la poste n’est pas garanti, ca sert a quoi de faire une loi qui parle de liberté d’expression, de la presse, si celles déjà existantes ne sont pas appliqués.
La conférence se termine, j’ai eu un entretien rapide avec Mr Kadri, très cordial , il me demande de faire une photo, j’accepte et je demande que le cigle/nom du parti ne soit pas visible sur la photo, en fait ce n’était pas parce que j’avais honte d’être dans cette conférence, ou que je ne voulais pas que ca se sache, je n’ai de compte a rendre a personne, mais c’était a ma manière, un test, car au pire même si la photo contient le cigle, ca ne m’aurait pas gêné, mais si le cigle n’y est pas, ca sera un message de confiance, de respect d’accord, la photo était en ligne, sans le cigle.
Je me rappelle d’un certain monsieur, qui s’est présenté un universitaire chercheur dans tout ce qui est « sa7affa », est venu me voir en privé avant que je rentre pour me dire sur un ton de conseil et de confidence «  alsa9 fi Bou Chi7a, il pourra te protéger ». je ne lui ai pas mis une droite dans la figure, j’ai juste lancé un regard de mépris, un long regard de mépris.

La 3eme rencontre était avec Mr Zouhayer Makhlouf et Maitre Imene Trigui.
On s’est vu au café théâtre, il y’avait plein d’autres gens, Sana Zouaghi, une demoiselle qui s’appelle Lamis, Slim, MBL, deux autres messieurs ou peut être plus.
Dés qu’on s’est installés, il y’a eu une dizaine de policiers en civil autour de nous, leur chef est même venu parler a Mr Zouhayer  en souriant : « chnouwa si Zouhayer, t2ater fihom ? ».
On n’a pas parlé de politique, on a beaucoup rigolé, surtout quand changuel a essayé de prendre la voiture de Mr Zouhayer, il y’a eu quelques idées pour un sayeb sala7 II, mais ce n’était que des propositions « légères »,  le rendez-vous était plutôt une prise de contact.

La quatrième rencontre était avec Mrs Mahdi Ben Jemaa et Baccar Ghrib, c’était au club des avocats, j’étais avec Azyz, une soirée cordiale, on a parlé, rigolé, on a parlé de sala7, et j’ai transmis , ainsi que Azyz toutes nos réserves par rapport a la réaction tardive de « Tari9 el Jadid » , des articles de Sofiene Chourabi, ou la concentration sur sa personne dépassait les lignes qui parlaient de la manif, de notre choix de « apolitique » , de la tentative de Sofiene de transformer la manif en « i3tissam » dans les locaux de Tajdid. Personne ne portait de gants et on disait les choses comme on les pensait, sans protocoles.
Une deuxième rencontre, avec Azyz en retard (comme toujours) et d’autres personne, donnera la naissance de Sayeb Sala7 II, mais ca, ca sera dans le prochain épisode.